SIDER EL HADJAR .Situé à 12 km d’Annaba Superficie : 832 hectares
PAR OULHASSI Mohamed
Le monde de la sidérurgie a traversé des phases difficiles qui ont vu l’intervention de parties n’ayant ni la compétence nécessaire pour participer aux règlements de problèmes techniques spécifiques ni la connaissance requise dans le management de la sidérurgie.
En fait , comme il s’agissait de questions liées à des activités importantes il est normalement fait appel, dans ces cas précis, aux hommes les plus qualifiés étant donné l’habileté et le savoir-faire dont ils pourraient faire preuve. Malheureusement dans la plupart des cas, ceci relève de la théorie ! Qu’est-ce à dire ?? Dans la pratique, la maitrise des problèmes n’est toujours pas l’apanage des plus hauts placés dans les organigrammes. Ces derniers sont dans l’obligation d’être toujours en contact avec l’encadrement intermédiaire pour maitriser tous les secrets de la gestion. A ce titre toute décision émanant de la haute direction doit obligatoirement se référer à l’encadrement intermédiaire qui est aussi bien proche des installations et équipements que des structures financières et des ressources humaines.
Encore qu’il est notoirement connu que, dans la plupart des cas, ce sont les plus hauts « gradés », qui prennent seuls les décisions sans tenir compte de l’avis des collaborateurs, ou encadrement intermédiaire. Ce qui veut dire que la prise de décision, dépend de la plus haute direction qui use, par conséquent, d’arguments d’autorité dans la gestion des entreprises ou rien n’est laissé à l’intelligence des cadres spécialisés que de s’exécuter devant les ordres des supérieurs.
Entre la première coulée du haut fourneau numéro 1 d’El Hadjar, datant de 1969, celle de l’arrivée de Bouteflika en 1999 et, enfin, de la déchéance de ce dernier en 2019, la sidérurgie a connu les pires moments de son évolution pour ne pas dire de son bouleversement ou tout a été laissé à des décideurs incultes du point de vue du management et dont les décisions qu’ils ont prises reflètent bien leur méconnaissance de l’économie. Le choix des indous comme partenaire en est l’exemple type.
La gestion de l’usine d’El Hadjar, les dernières années de son existence, est monopolisée par des «décideurs» qui n’ont rien à voir avec ce grand moyen de production, aussi bien du point de vue de la technicité, que de celui de la connaissance des installations et autres équipements.
La cession de l’usine aux indous s’est traduite par la libération des meilleurs cadres, agents de maitrise,ouvriers
Ainsi entendait-on dire que le complexe va être vendu aux Italiens, Français ou Indous! L’opération fut mise au point en fin de compte avec les Indous qui exigèrent, dés le début,une réduction drastique du personnel! Le Syndicat, en son temps, marcha avec les Indous et l’administration. Les travailleurs furent trahis par le Syndicat et se retrouvèrent dehors au chômage avec des compensations déplorables.
C’est par la réduction du personnel demandé par les indous qu’on s’est débarrassé des meilleurs cadres et ouvriers de l’usine. Il est évident que ce ne sont pas les tire-au-flanc qui vont déguerpir dans le cadre «des départs volontaires» comme on l’appelait alors! C’est ainsi qu’on a vidé les entreprises industrielles de leur encadrement. Que n’a-t-on pas compris de toutes ces manigances qui ont accompagné le développement économique de l’Algérie?
La fameuse cession du complexe d’El Hadjar, aux environs de 2001, est restée aux travers de la gorge de décideurs obnubilés, semble-t-il, par les mirages de la privatisation avec le lot de rêves qui lui est rattaché et qui sont allés jusqu’au bout de leurs idées, ignorant certainement, que rien ne se donne, ils se sont donnés corps et âmes à plus forts qu’eux dans le monde des affaires.
On a vidé les entreprises industrielles de leur encadrement Que peut signifier l’hypocrite vœu de rapatrier les cerveaux algériens quand toutes les conditions de la fuite sont toujours réunies ?!
Que n’a-t-on compris de toutes ces manigances qui ont accompagné le développement économique de l’Algérie ? La fierté des précurseurs de l’industrialisation a, dès le début, été mise à mal par des oiseaux de mauvaise augure qui se recrutaient aux différentes étapes du développement par aussi bien les anciens ennemis du pays que par les faux cadres qui voyaient en les jeunes universitaires les pires ennemis à leur ambition démesurée.
On a créé par exemple, le vide à l’entreprise algérienne de sidérurgie : cette entreprise qui a accumulé tous les ressentiments de ceux qui ont imaginé être les véritables théoriciens de l’économie ! Souvenons-nous des hostilités et rancœurs des responsables qui ont succédé au défunt Président Houari BOUMEDIENNE. On a même vu le Président Chadli BENDJEDID inaugurer une petite gare des chemins de fer toute proche de l’usine sans y mettre les pieds durant toute la durée de sa présidence. !!!
Ceci pour dire que ce joyau de l’époque Boumediene sera abandonné purement et simplement à une catégorie de gestionnaires qui gérèrent les lieux en autarcie loin de toute implication de structures étatiques pour le contrôle
Du démantèlement d’installations…
Qu’il est exécrable l’emploi des termes « démantèlement », suppression ou « anéantissement » devant un symbole de l’industrialisation algérienne en l’occurrence le haut fourneau numéro 1 du complexe d’El Hadjar. En réalité cela dépasse le complexe d’El Hadjar puisqu’il s’agit du premier haut fourneau de l’Algérie indépendante inauguré en 1968 par le défunt Président Houari Boumediene. La fierté de tous les algériens de la fin des années 1970 va être anéantie, désagrégée en cette année 2020.De quoi s’agit-il, donc ?
Ainsi, une décision importante vient d’être prise par les plus hautes autorités du pays, à savoir la destruction ou la disparition du haut fourneau en question. Selon les éclaircissements fournies, cette décision a été arrêtée afin de recueillir les terrains d’implantation des équipements y afférents situés dans le complexe et totalisant plus de 100 hectares, ce qui permettra, selon toujours les explications en notre possession, d’abriter des projets de petites et moyennes entreprises (PME) liées à la sidérurgie.
Remarquons que la décision du démantèlement du haut fourneau n°1 revient aux longues années d’arrêt de cette installation stratégique pour la transformation du minerai de fer de la mine de l’OUENZA en fonte après son passage par la préparation des matières et agglomérés qui est constitué par deux installations à savoir la préparation des matières et agglomérés numéro 1(PMA n° 1) et la préparation des matières et agglomérés numéro 2 (PMA n° 2) .
L’objectif du complexe est l’élaboration de la fonte et sa transformation en acier pour la fabrication de tôles, tubes et particulièrement le fils machine. Ce qui revient à dire que la fonte est un produit essentiel dans la fabrication de l’acier. C’est, donc, dans la zone matières premières et fonte composée d’une cokerie, deux PMA et deux hauts fourneaux que commence le processus de fabrication de la fonte et ensuite celui de l’acier dans les aciéries et enfin les produits semi-finis et finis dans les laminoirs.
Sans rentrer dans les détails liés à l’exploitation de ce grand complexe, il faut indiquer que les ateliers et équipements ont connu, pour beaucoup de raisons, des déficiences et insuffisances qui se sont répercutées sur la bonne marche de la production. Ce fut d’abord, au niveau de la zone des matières premières, ou l’on a vu l’arrêt des deux batteries de la cokerie qui, en plus de la fabrication du coke avec du charbon importé de l’Amérique latine, produit beaucoup de sous-produits (gaz, ammoniac, souffre, goudron…).
La deuxième batterie s’est arrêtée durant la présence des indous. Ce fut également le même problème en ce qui concerne les PMA qui connaissent une dégringolade des résultats et pour lesquelles aucune action de régénérescence ne fut entamée par ARCELOR. Enfin et en tout dernier lieu, le même partenaire ne bougea pas le petit doigt pour engager les travaux de réparation sur le haut fourneau n°1 qui était en panne à son arrivée et qu’il laissa dans cette situation durant toute sa présence en Algérie.
Comme il est constaté, les indous, malgré les engagements contractuels pris avec notre pays, n’ont jamais collaboré sérieusement et, en toute accointances avec « el içaba » ou la bande, ont trouvé le terrain libre pour profiter le maximum de leur présence dans un pays dirigé par une issaba.
De toute manière, l’Algérie ne gagna rien en scellant cette alliance avec ARCELOR puisque cette entreprise n’apporta rien ni du point de vue de la technologie ni des investissements.
La coopération avec les indous a été un échec sur tous les plans pour l’Algérie sauf pour ces derniers, c’est-à-dire les indous,
Ainsi, l’indien tout préoccupé par ses intérêts n’a fait qu’exploiter une situation qui lui a permis de s’accaparer des richesses de l’entreprise sidérurgique algérienne dans une absence totale des représentants algériens qu’ils soient étatiques, gestionnaires ou syndicalistes
Le Groupe industriel malaisien: après des années de crise,va-t-on assister à une seconde vie du complexe?
Le PDG William Nishang a été accueilli au début du mois de septembre 25 au complexe sidérurgique d’El Hadjar en compagnie, d’une délégation du groupe industriel malaisien pour un partenariat industriel dans le secteur de la sidérurgie.
Par la suite, l’ex ministre de l’Industrie, Sifi Ghrieb mais également d’autres ministres ont été impliqués dans ces échanges relatifs à ce partenariat dans les secteurs de la sidérurgie, de l’aluminium, et de l’exploitation minière. Remarquons qu’en juin 2025
il y eut la signature d’un mémorandum d’entente entre Lion Group et la Société nationale Sonarem, fixant une collaboration pour l’exploration et la transformation des minerais.
Le complexe d’El Hadjar, va certainement entrer dans une nouvelle ère sous l’impulsion des pouvoirs publics. Sifi Ghrieb l’avait rappelé :
« L’Algérie est ouverte à tout partenariat productif fondé sur l’exploitation des ressources locales, la préservation des emplois et la création de valeur ». L’investissement malaisien repose notamment sur la valorisation des matières premières locales, en particulier le minerai de fer extrait des gisements d’El Ouenza et de Boukhedra, qui approvisionnent quotidiennement El Hadjar
Lion Group a annoncé un mégaprojet de 8 milliards de dollars répartis sur plusieurs sites industriels, dont un complexe métallurgique prévu à Boumerdès, sur près de 300 hectares. La première phase, estimée à 3,4 milliards de dollars, devrait débuter prochainement.
Le groupe malaisien ambitionne de développer un projet industriel d’envergure en Algérie, en s’appuyant sur les capacités existantes du site d’El Hadjar..
Le ministre Ghrieb a évoqué que la continuation d’El Hadjar est un engagement de l’État à assurer un environnement favorable aux investissements étrangers.
Le responsable malaisien a exprimé « un vif intérêt pour un projet industriel structurant en Algérie » et s’est engagé à présenter « dans les plus brefs délais des offres concrètes »,.

