par Achour OUFELLA
Longtemps, les dommages infligés à nos tympans, naguère exposés aux volumes élevés des bruits rythmant notre quotidien, étaient considérés comme une fatalité ou pour le moins un risque de la vie. Or, davantage de temps s’était écoulé, avant de prendre conscience du problème, que les professionnels de la santé, considèrent aujourd’hui comme pollution sonore.
L’époque est-elle vraiment tonnante ou les mécanismes auditifs humains, sont-ils devenus plus vulnérables ?
Le monde citadin est bruyant. En Algérie, les villes ne le sont pas moins. Avec le progrès, émerge l’intolérance aux bruits. Entre stridulations aigües des notifications de messageries, manœuvres de rideaux métalliques, motos, Klaxons, sons assourdissants des marteaux-piqueurs, proximités d’artisans, d’autoroutes et d’aéroports, la litanie des nuisances sonores n’en finit pas de s’allonger.
Il suffit d’une peine, d’un revers, vite arrivés et voilà qu’on découvre tout le bienfait du silence. Trouver refuge dans le silence, serait-il devenu l’ultime recours pour se soustraire à l’exaspération ambiante ? A priori oui ! Car outre de contribuer à la sérénité et à l’apaisement autour de soi, il permet d’écouter tout ce qui se passe en notre for intérieur.
La nature offre également des paysages de toute beauté, qui permettent de se retrouver dans des postures relaxantes. Les contact avec des sons de vivants (le vivant n’est jamais silencieux), tel le chant des oiseaux ou le ruissellement d’eaux, font partie des enchantements.
Pour certains, le port de casques à réduction de bruit est de rigueur, même s’ils permettent des sons plaisants, mais en s’isolant. Reste qu’ en dépit d’un environnement extérieur, tapageur, les appartements sont en passe d’être réduits au silence, chacun des membres de la famille se connectant à ses propres modulations. Certes un phénomène récent mais aussi un bienfait inédit pour les ménages.
Il existerait vraisemblablement, trois types de silences : intérieur qui force à écouter, mais aussi social pour ceux qui s’offrent une retraite et émotionnel qui a pour siège le cœur.
On prévient enfin, que le ‘‘silence absolu’’ est angoissant.

