ECONOMIE RURALE Les souks sont-ils abandonnés par les consommateurs?

Date:

Share post:

Par OULHASSI Mohamed

Depuis des années, il semble que le monde rural a perdu de beaucoup de ses équilibres. En effet, s’il est un domaine ou les études spécialisées sont rares, c’est bien celui du monde rural.

  1. D’habitude, le souk est rempli de vie et regorge de produits. L’atmosphère magique de tissus colorés, d’artisanat et d’objets traditionnels est imposante. Lorsque vous entrez dans le souk, vous êtes immédiatement subjugué par la qualité des produits vendus et la variété des productions exposées

Les souks algériens sont une expérience incroyable qui offre aux visiteurs un aperçu des couleurs et de l’atmosphère magique du pays une expérience incroyable qui offre aux visiteurs un aperçu des couleurs du pays. Le marché est rempli de vie et regorge de produits frais,

La dévalorisation de la vie paysanne, le mépris de l’ordre traditionnel, les effets des décisions bureaucratiques ou politiques qui visaient à l’instauration d’une agriculture moderne, l’intrusion des spéculateurs et d’autres profiteurs, l’industrialisation de certaines régions sans études préalables et, enfin, l’absence ou la non application de lois qui préservent et sauvegardent nos campagnes ont entrainé la désagrégation économique et sociale de notre de communauté paysanne

Cette désagrégation de la vie sociale dans les campagnes peut etre observée tous les jours mais le « miroir »qui reflète le mieux ce changement est le jour du marché, ou si l’on veut le Souk.

Le souk est à la campagne ce que peut l’etre la foire à la ville. Si le premier met en valeur la production ainsi que les besoins d’une zone rurale, la seconde reproduit la capacité d’une économie à une échelle plus grande.La seconde différence est inhérente à la périodicité ; le premier est, en général,organisé hebdomadairement, la seconde –c’est-à-dire lafoire- dansun temps plus long.

Visiter un souk, c’est, donc, mesurer l’économie locale ou encore l’économie agricole de base. C’est aussi avoir la possibilité de s’imprégner un peu de la vie à la campagne.Seulement, la campagne comme toutes les autres communautés de notre pays a changé mais pas dans le sens désiré, c’est-à-dire moderne, productive, prospère, heureuse…

Et si un jour, dans vos reves d’enfance, ou de jeunesse pour les plus agés, vous estimez que plus rien ne vous rappelle la campagne qui vous a vu naitre et grandir ou que vous avez cotoyé, peut etre alors vous remémorez-vous les faits et scènes qui vous ont le plus  marqué.

Les maisons d’habitation petites et modestes mais admirables par les arbres et plantes qui les entourent et ou les oiseaux construisent leurs nids.Les jardins qui parsèment les villages, monts et vallées et ou l’on y trouve semé avec amour, par petits carrés, tout ce dont une famille a besoin pour sa nourriture.

Les poulaillers et étables improvisés qui permettent aux paysans de tirer ce qui est nécessaire.Les sentiers qui serpentent les champs et qui tous débouchent sur un hameau clairsemé de chaumières ou un petit village. Ces sentiers, souvenirs vivants du passage des paysans rudes des montagnes mènent toujours vers un centre ou s’entrecroisent et se rencontrent des hommes de différents horizons.

Ce centre choisi à l’initiative des plus courageux et des plus besogneux était la représentation fidèle de la vie sociale dans les campagnes.Car c’était là ou se nouaient les nouvelles relations, ou se vendaient les récoltes dont on a pris tant de soins, ou l’on échange pour les plus pauvres,des produits agricoles contre d’autres plus sophistiqués, comme l’artisanat ou les éléveurs fiers de leus troupeaux s’engagent à n’en pas finir dans des discussions animées sur les prix qui ne sont presque jamais préalablement fixés ou des commerçants citadins étaient à meme le sol, les denrées qu’ils savent nécessaires aux familles paysannes.

Ce centre est le lieu prédestiné des rencontres villes/campagnes.C’est le souk tel qu’il est organisé dans une alg érie rurale qui pansait encore les blessures de guerre mais ou les valeurs du travail communautaire y sont enracinées ou l’honneur et la dignité se conjuguent par l’effort de l’homme ou le prolétaire  campagnard ne pouvait manquer de rien et faire vivre une famille, ou les tentacules des bureaucrates corrompus et affairistes n’étaient pas si longues…

Aujourd’hui, visiter un souk – on dit aller au souk- c’est se pencher sur ce qui faisait notre richesse : l’agriculture.

Medjezfa (Guelma) en est l’exemple vivant.Connu comme souk spécialisédans le bétail, il était aussi versé dans tout ce qui concernait les affaires de céréales, produits maraichers.Les éleveurs, principalement, se déplaçaient tous les vendredis, jour de la tenue du souk de villages lointains.

On disait meme qu’il rivalisait avec le souk de bétail d’El Khroub (Constantinois) Situé à l’amont de la route nationale numéro 16, vers Souk Ahras, l’histoire de sa renommée remonte à une date lointaine.

Certaines personnes agées avancent meme une date  d’avant 1830. Les opérations commerciales qui s’y effectuaient dépasseraient de loin ce qui est réalisé de nos jours par certaines entreprises, ne serait-ce que sur le plan importance des marchés !

Qu’en reste-t-il ?L’habitué parlera de catastrophe. L’étranger ne saura rien. Peut etre ne remarquera-t-il que l’animation un peu spéciale pour un aussi petit village, pas plus. En effet, par habitude, des commerçants ambulants, des trabendistes, quelques marchands de fruits et légumes continuent  à venir chaque vendredi pour vendre le peu de produits qu’ils peuvent se procurer.

A certains moments, l’on pourrait meme se croire dans un souk el fellah en plein air.Il ne mnque que les boites rouillées de conserve ! N’allez surtout pas penser que que vous pourrier faire des achats à bon marché car les prix ne différent pas de ceux pratiqués en ville.

Finis les fellah qui ramènent récoltes, poules, œufs, beurre ou huile d’olives qu’ils offrent à des prix qui défiaient la concurrence. Point d’éleveurs qui se déplaçaient et point de bétail dans le souk sauf à de rares exceptions mais ou l’acheteur doit payer le prix fort pour acquérir une bete.

A croire que le souk vit dans un environnement tout à fait étranger. Mais n’est-il pas le reflet de la société qui l’a conçu ; société, elle-meme, en déchéance.

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img

Articles associés

Taisez-vous ! L’Emirat Arabe Uni et tous vos moyens d’information ! ROI SALMAN, TOI ET TES CHAINES, ECOUTEZ LA VERITE MEME, LES...

Par Oulhassi Mohamed ROI SALMAN TOI ET TES CHAINES ECOUTEZ  LA VERITE LES EGYPTIENS ONT TEMOIGNE DE L’ALGERiE Djamel Abdnacer ...

Le Khalife général de la Fayda Tidjaniya au Sénégal salue le rôle de l’Algérie dans le soutien aux causes justes des musulmans

par: B.OUSSAMA Alger – Le Khalife général de la Fayda Tidjaniya au Sénégal, Cheikh Mohamed El Mahi Ibrahim Niass,...

L’élevage bovin en Algérie découle d’une vieille coutume, depuis les Romains

  Par Oulhassi Mohamed Qu’en est-il de la vache algérienne ? C’est la bonne race dans une économie de subsistance. Sa...

8 mai 1945 : Sétif, Guelma et Kherrata, mémoire d’une tragédie algérienne

Par OULHASSI Mohamed Les carnages et autres boucheries de Sétif, Guelma et Kherrata sont des répressions cruelles. Ils sont...