Annaba : Réputation

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Par Oulhassi Mohamed

Annaba la coquette disait-on. Qu’en est-il réellement ? Faut-il dire qu’il est loin le temps d’une réputation indiscutable ou surfaite qui n’est due qu’à ceux qui ont voulu que ce pseudonyme désigne la ville qu’ils ont aimé et, certainement, qu’ils ont préféré qu’elle soit la meilleure ?
Faire valoir d’une époque, beaucoup s’accroche  toujours à des souvenirs éloignés pour dissimuler la triste réalité dans laquelle a plongé la cité de leur rêve. L’essor qu’elle a connu dans le passé est indubitable. En son temps, ce fut une expansion digne des grandes agglomérations connues dans le monde.
Est-ce qu’on veut cacher la réalité d’une déchéance en constante extension ?  La coquette c’est une nomination correspondante à un étincèlement lié à son éclat dû à ce que la nature l’a doté ; témoins, ses merveilleuses plages implantées par la grâce de la nature tout au long d’une incommensurable corniche, l’espace camouflé par de brillantes forêts entourant les hauteurs de la ville sur des centaines de mètres, etc…
De ville fabuleusement agricole et touristique les décideurs l’ont élargi à des investissements hautement industriels. Commencent alors la disparition de ses plus beaux habits qui sont travestis par de grandes surfaces de bâtis industriels sur ses plages ou sur ses terres les plus nourricières et les plus fertiles. C’est déjà le début du gâchis.
On s’enorgueillissait pour ne pas dire qu’on exagérait son nouveau statut  de ville industrielle. Rien que du point de vue environnement, la situation est devenue un certain moment intenable ! Qui se souvient de ce nuage de fumées rougeâtres qui envahissait le ciel de la région à chaque affinage de l’aciérie à brames pour l’élaboration de tôles dans les laminoirs à chaud et à froid ? Il a fallu des années pour mettre techniquement fin à ce phénomène par son élimination à la source !
Quelles nuisances ont entrainé ces fumées sur la nature et les hommes ? Certainement qu’il n’y a jamais eu  d’investigations à ce sujet. Et que dire alors des fuites d’huiles industrielles dans la nature de ces machines laborieusement entretenues qui se retrouvent dans l’Oued Seybouse et ensuite dans la mer méditerranée ?
Question primordiale qui est toujours d’actualité dans la mesure où rien n’indique que ces fuites
d’huile sont maitrisées Mais, il n’y a pas que ces manifestations qui sont, d’ailleurs insoupçonnables
pour des services « administratifs » dépourvus de moyens techniques spécialisés.
Rappelant également qu’une grande usine de phosphates et engrais dont la nature principale est la pollution de tout l’environnement y compris des dizaines de kilomètres de plages et des milliers d’hectares de bonnes terres compromis pour toute utilisation dans le domaine de l’agriculture.
Annaba, malgré tout, et au vu d’une conjoncture réelle ou furent implantées des établissements, ateliers et autres manufactures tient bon son rôle de nouvelle ville industrielle spécialisée dans la sidérurgie, d’où son nouveau nom de capitale de l’acier.
A l’entrée de la ville, en venant de l’aéroport Rabah Bitat, une stèle a été érigée rappelant que quelques années auparavant Annaba était la capitale de l’ACIER avec son complexe sidérurgique situé à El Hadjar à une dizaine de kilomètres. Si le complexe sidérurgique figure en bonne place dans l’industrialisation de l’Algérie, aujourd’hui, il faut dire qu’il n’en est rien étant donné la multitude de projets qui a été implanté dans le pays. Rien que pour l’industrie lourde, figurent plusieurs usines sidérurgiques réparties à travers plusieurs régions du pays.
Disant que cette introduction nous permet de bien situer le développement  de la région d’Annaba par rapport à l’extension et l’évolution de notre pays. Ainsi constate-t-on qu’Annaba fut un jour la gouverne du déploiement économique de toute une région. On ramena le phosphate et le minerai de fer de Tébessa pour construire l’usine de phosphate et celle de la sidérurgie à Annaba.
Une remarque importante pour les deux projets : une dépopulation des régions de Souk Ahras , Ouenza, Sedrata, M’daourouch Tébessa…qui talonnèrent leur richesse indument déplacée à Annaba pour faire fructifier les matières premières dans les usines érigées.  A l’évidence, rien n’est moins acceptable que le déplacement de milliers de travailleurs pour subvenir à leurs besoins.
Mais le plus dur à vivre et non moins inacceptable reste la transformation qu’a connue Annaba, sa plaine agricole et ses plages paradisiaques. L’usine sidérurgique entraina la mort de la plaine agricole si réputée et assécha la région de ses eaux qui étaient utilisées  – et le sont encore – pour le refroidissement de ses installations et autres utilisations.
Il est vrai que rien dans ce qui s’est passé à propos du choix de notre développement économique n’est dû à des sabotages  ou gabegies mais simplement à l’inexpérience et le manque de cadres. Ne dit-on pas aujourd’hui que le complexe d’El Hadjar, sa place est dans la région de Ouenza et l’usine d’engrais phosphatés aurait dû être édifiée à Tébessa ?
Le complexe d’El Hadjar, en net déclin a fait appel aux indous. L’arrivée de ces derniers n’en a pas fait un modèle de développement. Les résultats témoignent de sa descente en enfer aussi bien du point de vue de la production catastrophique que du devenir des salariés. Devenu un point noir dans un environnement malsain, les seuls soubresauts qui jaillissent des entrailles du complexe sont liés beaucoup plus à des revendications salariales.
Les ateliers qui ont fait la fierté de sidérurgistes licenciés dans le cadre de plans sociaux sont en décrépitude. Le nombre de chômeurs que les indous déversèrent sur la ville est surprenant. Et dire que beaucoup s’émerveillait de la coopération sud-sud ! Si on avait choisi des Italiens ou autres pays capitalistes, le résultat aurait été meilleur. Ce sont des milliers de chômeurs qui ont envahi la ville sans trouver aucune autre activité pour s’occuper.
Prélude à un plan de désindustrialisation qui ne disait pas son nom, des dizaines d’usines et de chantiers sont rasés de la carte de la région sous l’argument de la privatisation. Combien de liquidateurs s’affairent encore à solder les comptes d’entreprises qui portent l’empreinte d’hommes patriotes connus pour leur dévouement à sortir le pays du sous équipement ? Faut-il lier cette catastrophe aux hommes ayant pris la relève et qui par leur désinvolture et surtout par leur arrogance n’ont apporté que désolation et ruine ?
Des usines qui nourrissaient leurs hommes, malgré les vieilles machines datant des premières heures de la révolution industrielle, sont fermées. Les décisions prises semblaient ne tenir compte d’aucune approche stratégique sur le devenir des milliers de salariés  Ces derniers avaient eu pour consolation  une misérable indemnité de départ dte volontaire.. Lâchés dans la ville et toute la région, les chômeurs ne trouvèrent aucune oreille attentive à leurs protestations et doléances.
Seuls, ils ont é(é contraints de subir les dommages d’une politique dont on ne peut pas dire qu’elle tient compte de leur devenir. Les maitres d’œuvre de celle-ci –cette politique-  regretteront-ils aujourd’hui, dans leurs geôles ou devant Dieu le massacre qu’ils ont fait subir à leur peuple durant les vingt ans qu’ils ont gouverné le pays ? On est abasourdi par l’absence de réactions des partis politiques, associations ou syndicats dans un monde ou l’effervescence et le bouillonnement des gens constituent le seul mouvement au mal vivre
Les vols, la mendicité, le chômage, l’errance, la pauvreté font d’Annaba une poudrière. La précarité dans toute sa perception est distinguée par l’existence d’in chômage endémique. Cela va de la dégradationdes conditions de travail, de la santé physique ou mentale. Faut-il ajouter l’aspect parfois inquiétant d’une urbanisation rustique.
Faut-il ajouter à ce tableau, l’aspect parfois inquiétant d’une urbanisation rustique qui ne reproduit pas les principes d’une gestion constante de l’espace urbain ? L’entretien approximatif du cadre de vie dans la ville est à l’origine des tas de déchets solides et liquides qui polluent l’environnement. Des travaux devant être réalisés par des spécialistes sont bâclés par des profanes. En témoignent les chaussées du Cour  de la Révolution. Nids de poule et surélévation par rapport au niveau initial des anciennes artères prouvent que les décideurs ne s’étaient pas embarrassés d’études sérieuses préalables
 

 

 

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