Que reste-t-il des repères des bidonvilles d’Annaba ?

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Par OULHASSI Mohamed
Quelques décades plus tôt, Annaba présentait une apparence hideuse travestis par des dizaines de bidonvilles, et l’on citera principalement parmi les plus importants Bouhamra, à l’entrée de la ville et Sidi Salem et Bouzaroura qui sont relativement éloignés de la cité mais dont la spécificité est qu’ils sont situés loin de la vue des visiteurs.
Il est vrai que l’aspect répugnant de la cité a commencé à prendre   une autre apparence après les actions coups de poings entamées durant la fin des années quatre-vingt ou l’on a vu l’administration procéder au retour de tous ceux qui habitaient les baraquements à leurs anciennes résidences  situées sur tout le territoire de l’ancienne wilaya que fut Annaba c’est-à-dire Tébessa, Guelma, tarf et Souk Ahras.  La venue de ces citoyens à Annaba  a suivi la construction de dizaines d’usines dans la région parmi lesquelles le complexe sidérurgique d’El Hadjar.
A vrai dire, ce ne fut pas une solution mais simplement une décision d’un wali qui s’est fait connaitre en ces temps-là, comme quelqu’un qui a fait trop de mal aux habitants. Pour lui, déplacer ces dizaines de familles hors d’Annaba n’est que de la poudre aux yeux pour démontrer qu’il a réussi dans sa mission en rasant de la ville un grand pourcentage des baraquements et, indirectement, en « exportant » la misère de sa ville à d’autres contrées plus pauvres.
Cependant, le congédiement des pauvres vers leurs lieux d’origine ainsi que l’engagement de notre pays dans des actions grandioses dans le domaine de la construction d’habitations, a entrainé inévitablement la quasi disparition dans un fort pourcentage des baraquements et autres cantonnements, produits d’une misère qui poursuit à nos jours beaucoup de nos concitoyens.
Ces améliorations ont été également le résultat de la politique du pays qui s’engagea à réaliser des actions grandioses dans la construction de dizaines de milliers de logements pour toutes les couches de la population.
Un bidonville est défini par le programme des nations unis comme étant une partie défavorisée d’une ville avec des logements insalubres et un environnement caractérisé par un entassement de planches, de ferraille, de tôles, des ordures, d’immondices..
Ainsi pourrait-on dire, comme cela, d’ailleurs, concerne tout le pays, qu’Annaba est venue à bout d’un phénomène de sous-développement qui la poursuivait depuis la colonisation et qu’à ce titre, l’on peut s’enorgueillir du résultat grandiose auquel elle a abouti dans la gestion de la cité et de s’en être, ainsi, sorti d’une dramatique situation.

  1. Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur du monde depuis la réalisation de  ces milliers de logements à la place des baraquements hideux ? Ce qu’il faut dire c’est, comme le prophétisa l’adage « toute médaille a son revers ».
  2. En plus de la conduite des habitants qui ne se débarrassent pas des anciens comportements liés à la nature de leurs anciennes demeures qui, naturellement, s’accommodaient avec toutes les dérives de la bonne urbanisation, nous retrouvâmes, donc dans les nouvelles cités, les signes semblables  à leurs vieilles habitudes de non-respect de l’environnement direct de leur cité telles que la malpropreté, les ordures…

Les grands signes du non-respect des règles de l’urbanisme sont constitués par tout ce qu’on vient de citer comme amoncellement d’immondices ou autres ordures mais également la présence d’élevage de bovins et d’ovins qui, à longueur de journées dans certaines cités telles que Sidi Amar ou El Bouni vont et viennent à travers les quartiers et cités des agglomérations, représentant une gêne importante pour les habitants.
Mais d’abord, que viennent faire ces animaux dans la cité ? A l’évidence, les propriétaires des bêtes ne viennent que pour nourrir les bestiaux ; tout leur est disponible !! A commencer par la mauvaise herbe qui recouvre les quartiers entre les bâtiments.
A croire que jamais les ouvriers de la commune n’ont procédé  aux nettoyages nécessaires dans ces emplacements ! Seulement voilà il n’y a pas que la mauvaise herbe. Il faut voir également les ordures entassées, les bennes remplies de toutes sortes de détritus et de déchets qui, en plus, sont éparpillés sur de longues surfaces. Il ne reste plus qu’à souhaiter à ces troupeaux bon appétit du moment que les mairies ne font absolument rien pour engager des opérations d’assainissements pour le bien de tous.
La remarque à faire quant aux actions communales est qu’elles n’ont apporté aucune amélioration étant donné qu’elles sont restées sans suivis ni contrôles. A dire vrai , le problème relève non pas d’actions coups de poings mais de la mise en œuvre d’une gestion réelle ayant pour base un management scientifique qui tient compte de toutes les facettes nécessaires au renforcement et à l’affermissement de toutes les règles nécessaires pour l’atteinte des objectifs prévus .
Interdire textuellement la circulation des animaux domestiques à l’intérieur des zones urbaines et sur la voie publique n’est pas la solution puisque cela ne sera suivi pas d’effet même si l’on prétend que ces autorités ont interpelé les propriétaires à déplacer leurs bêtes vers des zones pastorales éloignées, loin des zones urbaines. La question est de bien gérer les problèmes de la cité.
Il n’est pas question de parler de vaches errantes qui menacent la santé publique mais d’arriver à ce qu’on arrive à mettre en place une vraie gestion de la ville qui permet à mettre toutes les conditions de gestion qui permettent d’atteindre un seuil de développement acceptable pour toute la population.

 

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