Accidents de la circulation : Qui des facteurs humains ou matériels sont responsables des hécatombes de la route où l’absence de prévention scientifique ?

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Par OULHASSI Mohamed

Les accidents de la circulation constituent, comme disent les sociologues, un
phénomène social. Chaque jour que Dieu fait apporte son lot de tristesse. Que de
morts, de blessés, de handicapés… ! Ne parlons pas des dégâts et des pertes
matérielles considérant qu’ils rentrent dans le domaine des pertes et profits que tout
un chacun, dans la mesure du possible, peut récupérer ou, du moins reconquérir
selon ses possibilités financières.
il est vrai que chaque année, des campagnes de prévention sont lancées à travers les
médias. Les thèmes sont en général orientés sur la préservation de l’enfant à la sortie
des classes. Fâcheusement, chaque fin de campagne se distingue surtout par
l’absence de suivi et de l’inapplication des leçons prodiguées. A vrai dire, aucune
amélioration n’est constatée et les mauvaises habitudes reprennent le dessus. En
vérité, la situation se détériore un peu plus chaque année.
Dans les villes, il devient de plus en plus difficile de conduire. A l’indiscipline des
chauffeurs, vient se greffer la mauvaise gestion de la circulation automobile. Il n »est
qu’à observer aux heures de pointes, voire toute la journée, la grande confusion
malgré la présence d’agents de l’ordre public. Parfois, dans les grands carrefours, en
l’absence d’agents et de feux, c’est la vraie débandade. Aucune priorité n’est admise.
Le retentissement des sirènes d’ambulance ou d’engins de pompiers n’autoriseront
aucunement leurs passages. Les conséquences de cet état de fait peuvent être assez
graves. Et même si ces appels trouveront des oreilles attentives, rien ne permet à ces
véhicules d’avancer étant donné les « bouchons » qui se sont formés. Mais ceci n’est
que la face visible de l’iceberg ! Les problèmes incontestablement se trouvent
ailleurs. La cause commune est l’absence de prévention doublée de la manie à
dissimuler les vraies causes de ces hécatombes.

Bien évidemment la meilleure manière de cacher ses faiblesses c’est de rejeter les
problèmes sur les usagers de la route et prioritairement sur ce qu’on appelle les
causes humaines comme l’inattention, les fausses manœuvres, le non respect du
code de la route ou l’indiscipline. Si l’on peut considérer que tous ces facteurs
d’accidents représentent un taux assez important, n’oublions pas que les facteurs
techniques et organisationnels constituent une part très importante dans la
survenue des sinistres.
Que dire, en effet, de l’état des routes et du mauvais entretien du parc automobile !?
Les décideurs préfèrent, toutefois, mettre de l’avant les fautes des usagers que de
regarder en face la réalité qui allie aussi bien les catastrophes dues à la situation des
chaussées que la mauvaise gestion de la circulation. Evidemment, il est préférable de
charger les autres que de reconnaitre sa part de responsabilité dans les carnages que
connaissent nos routes.
L’on constate par exemple que les interventions sur les chaussées, particulièrement
celles inhérentes à la mise en place de canalisations ou de branchements ne sont
pratiquement jamais menées selon les règles de prévention et de sécurité routière.
Bien que les travaux soient terminés, l’on assiste alors à des clôtures de travaux qui
peuvent trainer en longueur pendant des semaines voire des mois. Pourquoi les
brèches, fentes et fissures, vestiges des travaux réalisés, sont laissés à l’abandon
constituant ainsi des facteurs d’accident pour les usagers de la route ?
Les exemples de ces travaux qui sont pratiquement laissés à l’abandon sont légions.
Les conséquences de ces imprudences sont funestes et entrainent des catastrophes
inattendues. Qu’attendre de ces défoncements et crevasses abandonnés à la va vite,
sans signalements ni balisages après, soit disant, l’achèvement des travaux, si ce
n’est les carnages qu’on connait laissant derrière morts et pertes matérielles. L’état
des routes constitue le danger numéro un qui guette tout conducteur. Qui ne fut
surpris par ces surélévations des chaussées qui ne sont de toute manière,
aucunement signalées ? Ici, on ne parle pas des célèbres dos d’ânes qui ont investi à
un moment donné toutes les voies de circulation algériennes mais, surtout, des
réfections, pour ne pas dire des rapiècements, qui sont engagés sur les tronçons
défectueux.
Quelle est la part de responsabilité du chauffeur dans ce cas précis ? Le droit à ce
sujet est explicite. Le bon entretien des routes incombe aux ponts et chaussées qui
sont responsables du maintien en bon état des voies de circulation et, donc,
redevables envers les citoyens qui subissent des dommages matériels et corporels du
fait du mauvais accomplissement de la mission de ce service public. Viendra-t-il le
jour ou par centaines si ce n’est des milliers, les algériens conscients et bien
sensibilisés sur leurs droits intenteront des actions en justice contre une
administration qui aura failli à sa mission ?

Peut être, alors, évitera-t-on sur nos parcours ces travaux qui, bien que largement
entamés, ne seront terminés qu’au bon vouloir des responsables et dont l’absence de
signalement, dans la majorité des cas, cause avaries aux véhicules ou accidents
mortels. A ce stade de la mauvaise gestion des projets, il est facile de chercher un
bouc émissaire pour lui remettre sur son dos toutes les fautes imaginables et
possibles c'est-à-dire le chauffeur ! Ce qui ne veut pas dire que le facteur humain
reste négligeable quand on essaie de l’analyser de manière objective mais qu’on
reconnaisse au moins que l’administration est également fautive dans la survenue
des accidents de la circulation !
Il est certain que l’une des principales causes des accidents reste liée singulièrement
à ce facteur non négligeable qu’est l’état des routes. Ce qui ne veut pas dire,
néanmoins, qu’il n’existe pas d’autres causes également tragiques et qui relève du
facteur humain que beaucoup de responsables préfèrent mettre de l’avant pour
cacher leur faiblesse dans la prise en charge des problèmes.. Evidemment, sur le plan
théorique, il existe un code de la route mais quelle est son utilité lorsque tout un
chacun est libre de faire ce qu’il veut sans crainte d’être remis à l’ordre vu les
inégalités dans son application mais également, comme on vient de le constater,
dans la fuite en avant de ceux qui fuient devant leur responsabilité.
Les routes permettent elles une circulation sans danger ? Le non respect du code
engendre-t-il des sanctions mémorables ? Dans tous les cas de figure, puisque,
quelque soit le degré de prévention atteint, la fatalité existera toujours. Qu’est-il,
donc, fait pour prévenir les accidents ? Quelles sont les dispositions qui sont prises
pour sauver ces vies humaines qui, après la survenance d’un accident, attendent des
dizaines de minutes pour voir l’arrivée d’une ambulance ? Minutes fatidiques où
beaucoup perdent la vie pour ne pas avoir été secouru à temps. !
Chacun est libre de faire ce qu’il veut sans crainte d’être remis à l’ordre. Les cas de
« punition » deviennent si rares et l’homme qui vit, pourtant, en société voit de plus
en plus son comportement s’éloigner des règles qui siéent au bon savoir vivre et à la
morale. Qui remettra à l’ordre ces chauffeurs de taxis ou camions et ces jeunes qui
font des routes un endroit où aucune règle n’est respectée ? Si la règle de droit dicte
un comportement et qu’elle ne trouve personne pour y veiller, on ne peut que
s’attendre à la loi de la jungle
Tous les pays du monde ne laissent aucun répit aux audacieux et irrespectueux.
Certains d’entre eux retirent tout simplement le permis aux contrevenants. D’autres
soumettent les « fauteurs de trouble » à des centres de rééducation et de ce fait, ils
sont considérés comme des gens anormaux ! Les fautifs auront tout le temps de
connaitre la gravité de leurs fautes. Prévenir de manière radicale les accidents ne
serait-il pas avant tout la mise « en œuvre de règles coercitives obligeant, dans tous
les cas, tout un chacun à respecter la loi ? Ne serait-il pas engagé des actions
continues et non des campagnes intermittentes de sensibilisation dont l’objectif

essentiel est de mettre devant leur responsabilité les conducteurs et tous les autres
usagers de la route ?
La discipline ne peut être réalisée que par le droit. Il n’y a que le droit qui peut
organiser la vie en société. Continuer vouloir sensibiliser sans rien entreprendre
contre les chauffards, c’est simplement participer au massacre qui se généralise dans
la société. L’autre aspect du manque de prévention est sans l’absence d’études des
accidents- en tout cas sur le terrain rien n »apparait. Scientifiquement, étudier un
accident c’est connaitre les causes qui ont concouru à sa survenue en vue de prendre
les dispositions nécessaires pour qu’il nr se répète plus. Dans ce cas, combien
d’accidents a-t-on vu dans un lieu ou un autre sans que rien ne soit changé à la
configuration de la route ou ses alentours ? Pratiquement rien n’est fait.
Combien d’entreprises publiques ou privées de transports ont causé des dégâts
irréparables pour défectuosité de systèmes de sécurité (freinage, direction…) et
qu’on retrouve causant les mêmes problèmes sans que des décisions coercitives ne
soient prises à leur encontre ? Combien de « taxieurs » récidivistes dans leurs manies
à « piétiner » le code de la route continuent-ils à circuler ?
Malheureusement, le constat ne s’arrête pas là ! Pourquoi malgré le grand
développement du parc automobile et en l’absence de prévention scientifique des
accidents, les moyens de sauvetage sont-ils toujours les mêmes ? C’est-à-dire
d’aucune efficacité pour sauver les blessés. Là, semble être les principales causes
d’absence de prévention. Il est malheureux de dire qu’au stade où l’on est,
l’amélioration n’est pas pour demain.

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