Sidi Amar : Une ville en décadence

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Par OULHASSI Mohamed

A l’image du complexe sidérurgique, toujours en décrépitude, Sidi Amar la ville qui a
vu le jour pendant la splendeur de l’usine fétiche du Boumediénisme, s’enfonce
chaque jour davantage dans la misère du laisser-aller, du sous développement et de la
déchéance. Un délaissement indescriptible ou la saleté le dispute au désordre et à la
désolation constitue la seule référence d’une cité qui aurait du être une source de fierté
pour l’économie algérienne. En attendant, l’impression est toujours la même que ce
soit au centre ville, près de la mairie ou de n’importe quel quartier de la ville, à savoir
l’abandon total.
En 2018, des troupeaux de vaches continuent à envahir la cité sans qu’il ne soit mis fin
à une invasion qui ne trouve pas d’explications. Toujours pour la même période, les
ruissellements pour ne pas dire les inondations couvrent tous les coins et recoins de la
cité ; ainsi en est-il d’un réseau d’eau qui n’arrive pas à satisfaire les besoins des
habitants mais qui à chaque distribution d’eau des centaines voire des milliers
d’hectolitres se déversent dans la nature. Au fait connaît-on réellement les quantités
qui partent dans la nature ?
Quelle description faut-il donner à cette ville qui, dit-on, est parmi les plus riches
d’Algérie ? Des quartiers mal entretenus et délaissés dans une ville qui ne demande
qu’à être décrassée. Des bâtiments, pour la plupart neufs, sont implantés dans des
zones jonchées de détritus et recouvertes de mauvaises herbes. A-t-on jamais pensé à
boiser la ville? Là ou sont entreposés des rocs, pierrailles, ferrailles datant des
premiers chantiers de construction de la ville, n’y a-t-il pas une manière plus
intelligente de redorer le blason d’une ville qui ne demande qu’à être transformée en
un espace urbanistique acceptable.
Sidi Amar n’est pas, pourtant, une simple commune. Rattachée à la daïra d’El Hadjar,
elle est le lieu d’implantation d’institutions à caractère national ; nous citerons à ce
titre le complexe sidérurgique appelé communément « complexe d’El Hadjar » et
l’université d’Annaba. Paysage urbain délabré, capitale de la saleté et du désordre, est
on obligé de la décrire sans pourtant aller jusqu’à oublier qu’elle fut un certain
moment, durant les plus belles années du développement du complexe sidérurgique,
une cité bien propre et bien accueillante.

De cité gérée par la direction du complexe d’alors, tout autant que n’importe quelle
autre installation qui compose cette usine gigantesque, elle accueillait des cadres et des
agents de maitrise ainsi que des corps de métiers très rares pour cette époque ; il n’était
pas facile de prétendre être au courant de se qui se cachait derrière ces appellations
mystérieuses tels que fondeurs, aciéristes ou cokiers…
Les zones urbaines ou rurales ne se distinguent nullement par des spécificités
particulières. Leur dénominateur commun reste le manque d’hygiène et le désordre,
aggravé par ces troupeaux de bovins qui peuplent toute la commune du matin au soir.
Les cités malgré le changement de noms continuent à porter les anciennes appellations
comme l’UV1, l’UV2, l’UV3,l’UV4 ou l’UV4/5. Il y a également les cités de Hajjar
Eddiss, El Guantara, Derradji Redjem…
Le passage à la gestion civile de la cité pour ne pas dire le basculement d’une gestion
qui considérait le bien être des habitants comme une donnée essentielle dans la marche
des ateliers a entrainé la ville dans l’inconnu. Que resta t il de ces jardins d’enfants, de
ces dispensaires médicaux, de cette future clinique, de ce marché…Un souk el fellah
fut transformé en CEM, la clinique accueilli les services de l’APC… On chercha à
caser l’administration en urgence.
C’est de ces années là que Sidi Amar a commencé sa descente en enfer.
L’improvisation fut une méthode de travail attitrée. A qui la faute est-on tentée de
fulminer? On peut se rejeter la faute en fustigeant le simple citoyen. A cet effet, il est
connu de tous le comportement de nos dirigeants qui se déchargent de leur
responsabilité sur le dos des autres en cherchant cependant à profiter des bienfaits
rattachés aux postes de responsabilité.
On peut dire que l’environnement est l’affaire de tous mais la responsabilité incombe
d’abord aux seuls dirigeants aussi bien les administrateurs que les politiques qui n’ont
aucun droit à continuer à se cacher derrière le manque d’éducation de leurs
administrés. On est tenté de dire que l’une des principales préoccupations de ceux qui
dirigent est de montrer un visage qui ne reflète nullement la réalité de la ville lors des
visites ministérielles.
Le peu de végétations qui existent est abandonné par le goudronnage de certains
espaces ou par l’aménagement de semblants de périmètres qui doivent, semble-t-il,
héberger des « œuvres d’art ». Ou est donc l’intérêt public ??
Quel effet peut avoir un article de presse sur un sujet aussi important dans la vie d’une
cité ? La colère des responsables ? La satisfaction des habitants de voir qu’on parle
de leur problème ? Sans aucun doute qu’un article sur la saleté et le désordre régnant
dans une grande ville peut heurter les responsables, seulement Sidi Amar est elle la
seule ville qui se prélasse dans ces situations qui laissent à désirer !
Que peut représenter le désordre et la saleté dans un système de gestion qui se
respecte ? A une question posée à un grand capitaine d’industrie américain sur sa
capacité à contrôler ses dizaines d’entreprises, il y eut cette réponse «  moi quand je

visite mes usines, je regarde en premier lieu si elles sont sales. La saleté et le
désordre sont la caractéristique fondamentale de la mauvaise gestion »
Alors, qu’est ce qui pourrait être dit sur notre système de gestion au vu de ce qui existe
dans nos villes, administrations… ? Constatons néanmoins que le fond de cet article
qui a été écrit depuis quelques années est toujours le même, à savoir que la saleté reste
le dénominateur commun de cette commune industrielle

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