Colloque international de Béjaïa sur le Congrès de la Soummam : La Révolution de Novembre, prolongement de la résistance de l’Émir Abdelkader, et la mémoire nationale comme question de souveraineté

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Par la rédaction

Béjaïa – En commémoration de la Journée nationale du Moudjahid, marquant le double anniversaire de l’Offensive du Nord-Constantinois et du Congrès de la Soummam (20 août 1955-1956), la wilaya de Béjaïa abrite les travaux du colloque international placé sous le haut patronage du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Les participants à cet événement majeur ont été unanimes à souligner que le déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954 constituait le prolongement stratégique et historique du modèle de résistance fondé par l’Émir Abdelkader.

L’imaginaire populaire et la force créatrice de la Révolution

Lors de son intervention à ce colloque, qui se tient du 18 au 20 août, le Pr. Ammar Kendouzi de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, a expliqué que la Révolution de Novembre s’est frayé un chemin avec la même fidélité à la résistance ancrée dans l’imaginaire populaire algérien.

Il a souligné que la spécificité de la Révolution de Novembre réside dans :

  • La conscience stratégique : La lucidité de ses dirigeants quant à la force créatrice du peuple et leur volonté de la mobiliser comme ressource fondamentale de la lutte.

  • L’ancrage historique : La capacité de l’imaginaire algérien à opérer un changement radical, forgeant ainsi une entité politique et sociale singulière.

  • La continuité : Le succès de la Révolution à relancer, un siècle plus tard, le même processus créatif de l’imaginaire initié par l’Émir Abdelkader, aboutissant au recouvrement de l’indépendance nationale.

La mémoire.. une dimension africaine et un enjeu de souveraineté

Pour sa part, l’historien camerounais, Fernando Lige Ngamba, a conféré une dimension africaine et humaine au débat, soulignant que l’expérience algérienne nous rappelle que la résistance ne s’arrête pas à la fin des batailles militaires, mais se poursuit à travers « la transmission intergénérationnelle ».

L’historien a mis en exergue un point fondamental, à savoir que « la mémoire est une question de souveraineté », précisant que la construction de sociétés fortes exige :

  • La préservation des archives nationales et la protection du patrimoine.

  • L’étude du passé et la documentation des récits historiques.

  • La prise de conscience que l’Histoire ne s’écrit pas seulement dans les documents, mais se raconte, se chante et se transmet de génération en génération.

Recommandations académiques et organisation de haut niveau

La deuxième journée de ce colloque a été marquée par une série d’interventions explorant les dimensions humaines et culturelles de la résistance algérienne, ainsi que les questions de la mémoire nationale. Les intervenants ont conclu à la nécessité d’intensifier la recherche académique sur l’histoire nationale et de valoriser la mémoire collective en tant qu’héritage commun à transmettre aux générations futures.

Le coup d’envoi de cet événement international, organisé sous le thème « La culture de la résistance : entre Histoire, Mémoire et Imaginaire », avait été donné mardi à l’Université Abderrahmane Mira de Béjaïa, par le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, M. Abdelmalek Tachrift. Cet événement a vu la présence d’éminentes personnalités nationales et diplomatiques, notamment :

  • Le Conseiller du Président de la République chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques, Mustapha Saij.

  • Le Secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad.

  • Le Président de l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP), Samir Bourehil.

  • Des membres du corps diplomatique accrédité en Algérie pour des pays frères et amis, ainsi que les autorités locales.

Il est à noter que ce colloque réunit une élite de professeurs et de chercheurs issus d’universités nationales et étrangères. Il est organisé en partenariat par le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit, la Direction générale des Archives nationales et la Commission nationale de l’Histoire et de la Mémoire, avec la contribution active des services de la wilaya de Béjaïa.

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