Par OULHASSI Mohamed
L’activité la plus aléatoire sur la scène économiqueest sans conteste le bâtiment. Ayant souffert, il y a quelques années, d’une crise endémique, il a connu ces derniers temps une avancée très importantes. On peut également citer dans le même ordre d’idée les petites entreprises qui, à un moment ou un autre, ont été créées pour subvenir à un besoin plus ou moins palpable mais dont le placement de personnages du sérail n’est toujours pas étranger à leur institution. Un élu dans le passé n’a pas manqué de dénoncer ces méthodes abjectes..
Il est vrai , qu’en ce qui concerne l’hégémonie, l’entreprise algérienne a beaucoup enduré par le passé. Le Législateur,, en mettant fin à toute intervention externe dans les affaires de gestion (loi 88/01)a certainement des situations dans lesquelles se trouvaient les gestionnaires qui, bien qu’ils fussent les seuls à rendre compte de leur gestion,, étaient guidés par des forces pouvant même ne pas avoir aucune relation avec l’activité dans laquelle ils sont versés.
Or le contexte de la promulgation de la loi (88/01) et tous les textes d’application afférents n’est plus le même. Surtout après Octobre 1988.Les lois démocratisant la vie dans le travail ont vu le jour. Les règlements intérieurs sont mis en place avec pour seules parties les directions et les représentants des travailleurs. L’état par l’intermédiaire des inspections de travail, a pour rôle de veiller à la conformité des règlements avec les lois de la république.
Le syndicat unique, du moins théoriquement, n’est plus d’actualité. Le droit de grève mot banni du lexique politique durant des décennies est devenu réalité. En un mot, de nouvelles relations de travail sont apparues avec, cependant, un grand écart dans la pratique ou l’on constate que les habitudes de plusieurs décennies ont du mal à disparaitre.
C’est dans cette situation caractérisée par l’affaiblissement de l’état algérien et, particulièrement, l’imminence de l’application du nouveau code des investissements qui va instaurer une économie capitaliste, c’est-à-dire tout à faitle contraire de ce qui a existé jusqu’à ce jour que ces entreprises sont en train de se mouvoir. L’autonomie des entreprises publiques n’est qu’une hypocrisie. Ce n’est qu’une façade pour leur privatisation a dit un éminent juriste. L’explication est que l’autonomie de gestion avec ce que cela sous-entend juridiquement ( ‘ jouissance de la personnalité morale…)est le premier pas de l’abandon de celles-ci par l’état. Les conditions mêmes de leur établissement sont matières à discussion. Si l’on rajoute que les dispositions du décret législatif 93-12 du 5/10/93(code des investissements en son article premier, semble exclure le secteur public en tout cas traite de manière inégale les deux secteurs publics et privés dont on peut dire que l’avenir de la PME publique est bien incertain.
L’environnement pèse lourdement sur l’existence d’outils de production qui, plus d’une décennie, pataugent dans des situations inextricables Les organisations qui mènent à la destinée d’unités de production ou autres sont beaucoup plus génératrices de situations explosives et conflictuelles que capables de mettre en place une stratégie cohérente. L’arrivée du nouveau directeur général s’est caractérisée dès le départ par la mise à l’écart de cadres compétents et expérimentésetlleur remplacement par des individus dont le critère qui semble avoir présidé à leur choix est le copinage nous dit ce syndicaliste du BTPH. « La communication est bloquée entre syndicat/direction. Ce qui n’est pas fait pour résoudre les problèmes des travailleurs et des chantiers » continua-t-il.
Certes, dans la conjoncture actuelle, tous les agents économiques rencontrent des difficultés. Mais c’est dans le bâtiment que la situation est la plus difficile. La quasi-totalité des projets rencontrent des surcouts dus, généralement, aux retards dans les réalisations ou aux augmentations des couts des matières premières « Le matériel des réalisations (grues, camions ou autres équipements…) est quasiment inutilisable et, souvent, devient une source éphémère de rentrée d’argents ‘- ventes aux enchères- utilisée pour le paiement d’arriérés ou pour compléter le déficit de l’enveloppe salariale d’un mois donné. » au moins, on aura de quoi payer les travailleurs. Ce qui veut dire aussi que les unités du bâtiment souffrent le martyre pour leur approvisionnement.

