QUELLE MEILLEURE EXEMPLE
QUE LES CONFLITS
VECUS PAR LE MONDE
DU TRAVAIL ?
Par Mohamed OULHASSI
Gérer une économie est avant tout une affaire de précision et de clarté dans les
objectifs. Bien évidemment, les méthodes de gestion ont évolué au cours des
dernières années. Mais peut-on parler de méthodes de gestion à proprement parler
sous l’ancien pouvoir algérien qui a sinistrement perduré ?
L’ancienne représentante du peuple (député) de Batna a bien identifié dans sa
célèbre intervention à l’APN devant le gouvernement Ouyahia la triste réalité de la
gestion de l’Algérie : absence de statistiques, de gestion prévisionnelle…on ne peut
même pas parler de management, terme qui est devenu sans signification dans
l’Algérie de Bouteflika ; ce qui se traduit par l’inexistence de chiffres réels et
appropriés qui permettent de connaitre la situation exacte de l’économie.
Il faut, sans doute, se rappeler que la gestion du pays et de tous les agents
économiques qui représentent toutes les entreprises sont conduites sans tenir
compte des contraintes organisationnelles et des besoins fondamentaux des gens qui
sont chargés de mener le travail. Seulement, voilà, le pouvoir n’est pas tenu, selon sa
vision dénuée de toute approche économique ou scientifique de prendre des
décisions qui reposent sur la connaissance de tous les facteurs qui participent à la
mise en œuvre d’une vraie gestion.
Ainsi, il va de soi qu’un pouvoir qui gèrent les affaires du pays au petit bonheur la
chance ne va s’encombrer d’une recherche avisée d’hommes capables de mener à
bien le développement du pays. Le HIRAK a bien montré de quoi ont été capables
Bouteflika et ses ministres ! Tout a été pourri désagrégé et malmené au sommet de
l’état. C’est à l’image des maitres des lieux dont le qualificatif premier est la
dépravation, la perversion, le vol, le désordre et la corruption que ceux à qui l’on
confia les postes subalternes de gestion tels que walis, directeurs généraux et autres
dirigeants et gestionnaires.
C’est, donc, avec ces hommes bien choisis et bien triés sur le volet que Bouteflika a
entamé le massacre du pays de millions de chouhada. L’on fit appel à des fils de harki
dans des postes stratégiques et même à des gens de nationalité étrangère pour
mieux saigner le pays. Le meilleur exemple de ceux qui malmenèrent le pays est le
ministre de l’industrie Abdeslam Bouchouareb, actuellement en fuite à l’étranger
mais également le ministre du pétrole Chakib Khalil et ami de Bouteflika.
N’est-ce donc pas avec ces personnages qui décapitèrent toutes les institutions que
fut entamé le massacre. A la tête des entreprises économiques, des administrations,
des sociétés, des APC et de tous autres établissements furent placés des hommes qui
leur prêtèrent complète allégeance dans tous leurs objectifs sauf, naturellement,
dans celui de la bonne gestion.
Si le HIRAC balaya avec la force qu’on lui connut toutes les têtes représentatives d’un
pouvoir malfaiteur, l’on ne peut pas dire qu’il s’en est fait de tous ses stigmates. En
effet, qui gèrent actuellement l’ensemble des activités de production tous secteurs
confondus ? On ne peut pas dire que si Bouteflika et ses acolytes sont partis, le
nouveau Président va immédiatement avoir les mains libres pour venir à bout du
carnage dans lequel a été mis le pays.
Cette vérité vaut pour tout le système de production de biens et de services. En
vérité, il ne s’agit pas seulement des adversaires du pays qui guettent la banqueroute
et la faillite mais également les ennemis du changement. Qu’est-ce à dire ? L’ancien
régime a toujours compté sur le pétrole et le gaz pour renflouer les caisses laissant à
l’abandon des minerais rares tels que l’or, le diamant et beaucoup d'autres pierres
introuvables. Il faut également compter l‘agriculture qui a toujours été sciemment
inexploitée.
Le Président Tebboune a lui-même, dans sa dernière rencontre avec la presse
nationale indiqué que la manière de diriger de la bande (içaba) a pour objectif de se
réserver les meilleures richesses du pays pour plus tard et pour leur propre intérêt.
Malheureusement ce dessein tomba comme un château de cartes avec la révolution
populaire qui démontra que le niveau de traitrise a atteint les sommets de l’état ou
l’on dénombra le président lui-même, les premiers ministres et des ministres qui
auront certainement à faire avec la justice du pays.
Comme il a été signalé auparavant les ennemis du développement ne se recrutent
pas seulement parmi les barons du régime qui sont encore dans l’antre des
institutions mais également parmi les ennemis des changements qui sont toujours à
l’intérieur des organisations. C’est par le terme de résistance au changement qu’on
indique toute conduite, manière ou comportement qui montre le refus d’appuyer, ou
de présenter une modification à un projet de changement.
La résistance au changement constitue le blocage essentiel du changement. C’est
pourquoi qu’on explique toujours que la résistance au changement a toujours été un
adversaire à la réalisation de performance ou à la réussite dans le travail. Il y a des
situations qui peuvent nous paraitre inexplicables tant les causes peuvent nous
paraitre parfois si simples
Qu’est ce qui s’est passé la dernière fois lors d’une décision qui a été prise au niveau
d’une entreprise publique située sur le territoire de la wilaya d’Annaba ? C’est du plus
haut niveau de décision qu’il a été mis fin au poste de directeur général du complexe
d’El Hadjar qui a été remplacé par son directeur technique, de production et de
l’investissement
Il semble que l’origine de la décision est le non-respect de l’ancien directeur des
instructions liées au paiement des salaires tel qu’il a été décidé par l’état algérien
durant les troubles de l’épidémie de corona virus. La décision de la direction de
l’usine quant à ne pas prendre en charge les journées non travaillées sur son compte
est la goutte qui a fait déborder le vase. Cela a entrainé un conflit avec le syndicat qui
ne le voyait pas de cet œil et aurait pu déchaîner un conflit important au niveau de ce
grand complexe.
Comment prit fin cette hostilité ? Comme on vient de l’annoncer, ce fut par le
remplacement du titulaire du poste par un de ses adjoints. La cause étant la prise des
journées non travaillées sur le congé annuel alors qu’initialement cela devrait être
prit sur le compte de l’entreprise, ce qui a déplu aux représentants des travailleurs.
Sans avoir la prétention d’être des donneurs de leçons, l’analyse des faits montre que
l’enchainement des évènements indique qu’une importante décision a été prise sans
consultation du partenaire social ou sans tenir compte de son avis. N’est-il pas par
principe important d’ouvrir la voie à une coopération entre les représentants élus du
personnel et la direction pour l’amélioration des conditions collectives de travail et
de vie du personnel. La loi n’oblige-t-elle pas la direction à consulter obligatoirement
les travailleurs par le biais de ses représentants sur les questions intéressant
l’organisation, la gestion et à l’informer des bénéfices réalisés par l’entreprise ?
Toujours est-il – que rien ne montre que nous sommes en face d’un dénouement
dans lequel direction et partenaire social ont atteint la maturité pour l’élimination du
malentendu. Finalement ce sont à d’autres niveaux de responsabilité qui dépassent la
direction du complexe que la sentence de liquider le directeur ainsi que son
remplacement a été prise.
Tout ceci peut ne pas constituer le nœud gordien du problème. Le plus important à
démontrer est que ce ne sont pas les dirigeants supposés du complexe qui aient pris
cette décision de changement des chefs mais c’est à des niveaux plus élevés que cela
a été décidé. Pourquoi donc ? Pour la simple raison que le problème doit être réglé le
plus tôt possible ! Le syndicat n’est-il pas concerné par le litige qui est en jeu ? En
tout cas dans un précédent article n’a-t-on pas mis en exergue l’appauvrissement de
l’encadrement de SIDER du fait des mouvements de départs volontaires et de la
compensassions de ceux-ci, par leur remplacement par du tout venant provenant de
tous les horizons et n’ayant ni la compétence ni l’expérience de ceux qui ont été
libérés.
Un ancien cadre de la SNS, devenu ministre de l’industrie lourde sous feu le Président
Chadli Bendjedid, ne disait-il pas que pour prétendre être cadre au complexe, il faut
avoir au moins un diplôme universitaire et dix (10) ans d’expérience ! Autre temps,
autres mœurs. Aujourd’hui, on ne peut qu’être malheureux avec ce qu’ont laissé
derrière eux le ministre Bouchouareb et ses valeureux adjoints ! Ne disait-on pas que
sous l’ère de Bouteflika, ce sont les politiciens qui gèrent les installations industrielles
vu la faiblesse de l’encadrement ? N’ont-ils pas laissé derrière eux le vide ? Ignorant
la technique, ils sont manipulés par les plus mauvais cadres qui sont encouragés par
les soit disant dirigeants qui restent tapis dans l’ombre pour mieux détruire notre
pays.
Les cadres, l’Algérie en a de tous les niveaux, même pour en donner aux autres pays
qui en manquent. Elias Zerhouni est, peut-être le plus célèbre des cerveaux établis à
l’étranger. Doyen, auteur, de plus de deux-cent publications scientifiques, a déposé
pus de huit (08) brevets, professeur de radiologie, conseiller université,…il roule sa
bosse à l’étranger ou on lui fait appel pour sa science même dernièrement pour
s’exprimer sur le coronavirus.
Quant à notre pays, on continue à fonctionner avec des gens qui n’ont même pas le
baccalauréat et dans le pire des cas, n’ont même pas terminé leurs études au
moment où des cadres de très haut niveau végètent dans des bureaux à ne rien faire
ou assurent une grande réussite à l’économie de beaucoup de pays. Alors on peut
comprendre facilement la signification du concept de la résistance au changement.-

