BOUKAMOUZA/ GUELMA De chef lieu de commune, on créa un lieu-dit

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OULHASSI MOHAMED

Beaucoup de régions restèrent les parents pauvres de notre développement. Soit,peut être, par oubli. Soit, la plupart du temps, par négligence ou par manque de moyens aussi bien humain, financier que technique. Mais également, selon la croyance populaire, par représaillesduesaux mésententes entre les chefs, sous-tendues par l’esprit régionaliste qui veut qu’on oriente les investissements sur la base de la tribu à laquelle on appartient ou tout simplement sur la base d’ intérêts propres.

Ainsi en est-il du village dit Boukamouza, dans la daïra de Bouchegouf (wilaya de Guelma). De siège de commune qui date de la colonisation, il ne représente aujourd’hui qu’un lieu-dit. Pour y arriver, il faut utiliser ses propres moyens de transport ou se rabattre, pour la plus grande majorité, sur ce que peut représenter le système D étant donné l’insuffisance des moyens compétents ou si l’on veut officiels entre le village et Dréan de la wilaya de Taref. La situation est meilleure, cependant, entre ledit village et Bouchegouf

Pour comprendre et mieux saisir ce que doit représenter le transbordement vers Dréan, c’est naturellement, le voisinage de cette petite ville avec le pole industriel d’Annaba et les grandes possibilités d’emploi qu’il peut offrir à une population sevrée de tous les moyens. L’unique source d’emploi reste cantonnée dans l’agriculture qui est, en fait ,loin d’offrir toutes les possibilités pour sortir la région du sous-emploi. Archaïque, elle ne suffit même pas les besoins des gens en produits agricoles de premières nécessités.

Déjà, rien qu’en apprenantle taux de chômage approximatif de la bouche des gens, on reste abasourdi devant tant d’indifférence des autorités.  « Le taux de chômage est d’environ  90 % »   nous dit Halim , un jeune d’une trentaine d’années dont l’emploi lui permet d’être occupé une journée par semaine. Faut-il le croire ? Ce qui est certain, c’est le rassemblement par petits groupes de personnes dans tous les coins et recoins du village, utilisant tous les stratagèmes pour meubler leur temps libre.

Pour appréhender le problème de l’enclavement dans lequel a été réduit  la localité , il faut revenir quelques années auparavant. C’est à partir du village d’OuedFrarah qu’on détourna la route nationale numéro seize (RN 16)vers Ain Ben Beida et par ricochet l’abandon de l’ancien tronçon qui passait par Boukamouzajusqu’àDréan dans la wilaya de Tarf. Bien évidemment, d’autres localités se trouvant dans le prolongement de la dite chaussée subirent le même sort comme Ouesfataet Chihani.

 

Du fait, donc, du changement de l’itinéraire de l’unique voie qui y mène, Boukamouza a été sacrifié au profit d’une autre localité dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle fut inconnue par la majorité des habitants de la daïra de Bouchegouf ; ce qui en soit ne peut être une raison convenable mais de là à en faire une zone favorisée  par rapport à une autre qui était mieux lotie devient inadmissible, dans la mesure où les privilèges qui lui sont accordés ont gravement affaibli la première.

Boukamouza continu avec beaucoup d’autres douars à subir les affresd’un isolement chaque jour plus dur. Une urgence médicale, la nuit, devient un vrai calvaire. Le centre de santé vaque uniquement le matin. Le médecin qui lui est affecté travailleseulement  deux fois par semaine. Fâcheusement, quels que soient les efforts qui peuvent être fournis pour sortir l’ex commune de son isolement, rien ne peut déboucher sur des résultats probants au vu de la situation géographique même de la localité.

Dépourvu de toute activité économique, en dehors évidemment de l’agriculture qui patauge dans des problèmes connus, elle ne peut probablement jamais constituer une source d’intérêt  pour sortir de son enclavement..

De centre de rayonnement,, l’ex Saint Joseph est devenu un lieu.dit que rien ne vous fera découvrir si vous n’avez pas l’intention d’y aller. Un village pourtant stratégique par rapport à la région sur laquelle il a été chef lieu de commune pendant plusieurs générations.

Quel sera l’avenir de Boukamouza ? Qu’est ce qui est en prévision pour le sortir de son isolement ? La population attend avec impatience qu’on se souvienne d’elle ! Qu’on mette, au moins, le minimum pour sortir le village de sa torpeur.

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