Par GUETMI Bachir Architecte
A Guelma le client n’est plus le roi, Cette allégation est désormais attribuée aux vendeurs de légumes et fruits. Ces commerçants dont certains travaillent illégalement ne payent pas les impôts, et se comportent vis-à-vis des clients d’une manière indécente en fonction de la tête de l’individu.
Quand on se présente devant un stand, on a l’impression de demander la charité à un être méchant et avare. Cette attitude s’accentue dans le marché du boulevard de volontariat. Ces marchants organisent l’étalement de leurs marchandises, de telle manière à ce que le meilleur produit soit visible et le reste soit caché, afin d’attirer la clientèle.
En faisant la commande, on reçoit une toute autre qualité de produit, de moindre valeur et même impropre à la consommation et ne mérite pas le prix affiché. Certains fruits à période de consommation courte, n’atteignent pas leur maturité lors de leur vente, surtout ceux qu’on ne peut pas distinguer.
Cet acte est malhonnête et injuste du point de vue religieux. En refusant cette arnaque, le client se trouve soumis à un agacement, pouvant tourner à une dispute verbale, ou une bagarre. On assiste à des scènes désolantes ou le client est injurié et menacé par des armes blanches.
Quant aux femmes qui essayent de se défendre, l’image devient insolente, vulgaire indigne, surtout quand les clients présents manquent d’élégance, et ne se démarquent pas de cette attitude de délinquance. Quand le client est quelqu’un d’important on le sert à sa guise et avec congruence.
Le mode opératoire de ces revendeurs qui agissent en forme de syndicat non officiel, s’entendent sur un prix fixe afin d’éviter la concurrence entre eux. Cette astuce malsaine évite à ce cartel de profiteurs, la chute des prix surtout en période d’abondance.
Cette manigance agit directement sur le pouvoir d’achat de pauvres pères de familles et les oblige à faire de gros efforts afin de satisfaire leurs besoins. Le plus horrible, est qu’en périodes difficiles, ces produits n’arrivent pas à s’écouler, pourrissent dans les stands et se jettent dans les poubelles par la faute de la rapacité de ces gens.
Certains produits, (légumes surtout) sont pesés et comptabilisés en vrac, puis décapités de la partie utile et jetés sur les trottoirs. Cette attitude malsaine attire beaucoup de critiques sur le silence des autorités locales ; certes on est dans la liberté de marché ou de la résorption de chômage, mais cela n’empêche pas des contrôles sanitaires, surtout en période estivale sujette à des épidémies.
De simples gestes des autorités seraient réconfortants pour la population et créeraient une confiance mutuelle dans la société
Malgré le travail excellent de l’aménagement de ce boulevard, son image est ternie par ce marché précaire et insalubre, contigu à un autre énorme souk de vêtement, formé de huttes en planches et cartons entassées, tellement désorganisé qu’on peut se perdre à l’intérieur.
Afin de donner une plus-value esthétique à ce beau boulevard, il est possible de réorganiser ce marché et le remplacer par un autre marché couvert sur plusieurs étages en intégrant un parking et en diversifiant les activités. Le terrain s’y prête à une opération promotionnelle pouvant avoir deux façades, s’ouvrant à l’est sur le centre de l’ancienne ville, et à l’ouest sur le boulevard.

