Par A.ould omar
EUNOE, TIN HINAN, DIHYA (EL KAHINA) …, autant de femmes qui ont régné sur cette terre d’Algérie, lorsque des royaumes occupaient ses grands espaces. La femme, en ce temps là ne souffrait pas d’un statut inférieur et les hommes ne se sentaient pas moins virils d’être gouvernés par elles. Il ne venait pas à l’esprit de les considérer comme des êtres inférieurs.
Plus récemment encore, nous eûmes, dans ce grand pays, d’autres femmes célèbres : Euldjia bent BOUAZIZ el Hannachi qui se leva pour défendre l’honneur de son père et de sa tribu et relança la résistance avec ses courageuses guerrières. Certains souk-Ahrassiens racontent encore son épopée peu connue des jeunes de la région.
Fadhma Nsoumer, en Kabylie qui mobilisa autour d’elle hommes et femmes pour résister aux hordes sauvages du général Randon qui semèrent la terreur pour réduire la population qui continuait à tenir tête à l’armée française, jusqu’en 1856. Ce sont ces femmes qui lancèrent leur fameux cri «Nous ne partagerons pas nos couches avec les hommes qui tournent le dos à l’ennemi » pour galvaniser ceux que le défaitisme commençait à gagner.
Djamila Bouhired, Djamila Boupacha, Hassiba ben Bouali, Meriem Bouattoura, Fadhila Saadane, Zohra Dhrif, Louisette Ighil Ahriz et tant d’autres anonymes qui, pendant la guerre de libération, affrontèrent tortures et viols avec courage et dignité.
Plus récemment encore, il y eût ces femmes qui, malgré les menaces et les agressions de toutes sortes des hordes terroristes, ont continué à mener leurs activités sans céder aux injonctions de ces barbares qui voulaient ramener le pays aux ténèbres peuplant leurs cerveaux fanatisés.
Le 08 mars est donc, à la fois, une date pour fêter le courage de ces femmes et un moment pour faire le point des combats qui restent à mener, pour arriver à concrétiser toutes leurs saines aspirations. Nous sommes, en effet, encore loin de vivre dans une société où l’homme et la femme vivent en équilibre, dans une complémentarité saine et sereine.
Pour rappel, cette date a été immortalisée par une grève et un défilé des ouvrières new-yorkaises du textile, en 1857. Elles réclamaient la dignité, l’égalité des salaires avec les tailleurs.
À la suite d’une proposition de Clara Zetkin en août 1910 à Copenhague, l’Internationale socialiste des femmes célèbre le 19 mars 1911 la première « Journée internationale des femmes » et revendique le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail.
C’est en 1977 que l’ONU proclame et officialise le 08 mars comme journée internationale de la femme.
Si en Algérie la femme jouit de droits fondamentaux et occupe une place de choix dans beaucoup de domaines tels que l’enseignement, la santé, la justice, qu’elle est chef d’entreprise, cadre supérieure et occupe des fonctions supérieures dans l’armée, son statut dans la société reste mal perçu.
Que faire et quel programme pour avancer vers cette société d’égalité, pacifique, équilibrée et loin des clichés réducteurs des uns et des autres ? Il appartient aux militantes et militants de progrès de déterminer les priorités et les axes de travail pour mener le combat sur ce terrain.
L’éducation, où les femmes sont majoritaires serait-elle le levier le plus efficace ?

