Par Achour OUFELLA.
Le carton fait désormais débat. Surtout, quand le géant du café américain “Strabuck corporation’’ remplace ses pailles et gobelets en plastique par des équivalents en carton, mettant en avant son engagement de lutter à la bonne échelle, contre le réchauffement climatique.
Le sujet suscite l’intérêt et prête également à la réflexion. Car nous sommes constamment en contact avec le carton qui a envahi nos vies. Pourquoi s’est-il autant imposé dans notre quotidien avec une omniprésence dans ce que l’on consomme. Tout y passe, alimentation, hygiène, cosmétiques, bien-être,, sans compter les boîtes de pizza et confiserie par milliers. La réponse tient à la matière première le bois (cellulose), la plus abondante sur terre selon les experts. De Pékin à Paris, des lits en carton recyclé, ont même été proposés aux athlètes lors des déroulements des jeux olympiques.
L’invention du carton ondulé en Angleterre, utilisé à l’effet de garnir des chapeaux hauts-de forme, remonterait au milieu du 19ème siècle. Ce papier carton écologique et biodégradable est recyclable à plus de vingt fois, avec un taux de récupération très élevé. Les entreprises agro-alimentaires ont en popularisé l’utilisation à travers le monde pour emballer leurs produits. Véritable support de l’image, il offre un espace publicitaire pour refléter l’univers de la firme via des logos ou slogans. L’emballage reste le premier lien physique avec le client. Classé deuxième au niveau des standards des déchets, il compte pour le quart des ordures ménagères générées.
Dans notre pays, la récupération de ce matériau à des fin de recyclage reste circonscrite aux grandes agglomérations, sans toucher les campagnes ni les petites villes. Et cela nous enjoint à être inventifs et à nous appuyer sur nos connaissances pour nourrir notre imaginaire. De fait, la question écologique est collective et systémique, et ne progressera qu’en ouvrant les débats sur la diversité des expériences. Pour éviter le gâchis, des groupes notamment parmi les jeunes, collectent les cartons en l’état, réduisent leur encombrement et les revendent au poids, sous forme de kits. Quand d’autres se chargent de l’acheminement vers les sites de production environnants.
“En rentrant chez moi, tard dans la nuit, il m’arrive parfois, de penser aux cartons gisant encore sur les trottoirs ou aux pieds des bacs. S’il pleut, ils deviennent de la compote et s’infiltrent dans les avaloirs.“ Ce sont là verbatim, les propos édifiants d’un des habitués, attaché à la collecte. A méditer

