Par OULHASSI Mohamed
La ville d’El Hadjar reste la seule cité dans la willaya d’Annaba à avoir une réputation qui dépasse, peut-être, celle d’Annaba, à croire l’avis de tous ceux qui prétendent être des connaisseurs invétérés de-là région. Mais il semble que leur avis ou opinion repose uniquement sur l’existence et, particulièrement, l’implantation du complexe sidérurgique et de l’université d’Annaba sur le territoire qui lui été anciennement concédé.
Rien à voir, aujourd’hui avec cette commune car comme il est connu de tous ces deux entités font partie de la commune de Sidi Amar, créée bien après celle d’El Hadjar.
Sociologiquement parlant , quelle incidence a eu cette grande industrie sur le développement culturel, l’évolution sociale ou toute autre avancée du fait du bouleversement conduit par le déploiement et le cortège des établissements installés un peu partout dans la région ? Ceci en plus de sa fréquentation par les dizaines de nationalités qui accompagnèrent la construction et l’édification des dizaines d’ateliers et d’usines.
A l’origine, El Hadjar était un village colonial. Les premiers habitants, au nombre de 31 Arabes, 109 Français et 146 étrangers, exercent l’industrie du transport. Dès 1900 la richesse du village est réelle. Une vingtaine de fermes sont répandues autour du village. En1959, dans le cadre du plan de Constantine, il est programmé un immense développement de la région orienté sur l’industrialisation. Une véritable ville ouvrière est construite avec la création du complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Cette usine a donné naissance à une cité ouvrière Sidi Amar.
Ainsi, de village agricole il se transforma en ville industrielle du fait de l’implantation de la Société nationale de Sidérurgie (SNS), dénommée I métal en novembre 2024, qui est une société spécialisée dans les industries métallurgiques et sidérurgiques, chargée de la transformation du minerai de fer, de la production sidérurgique, de la transformation de l’acier, de la fonte et de l’aluminium et de la fabrication et la réalisation d’infrastructures et d’ouvrages métalliques et de chaudronnerie.
Énoncé ainsi, il apparait qu’El Hadjar est une localité riche par son agriculture dès 1900 et dès1959, il est devenu dans le cadre du plan de Constantine, une localité industrielle…
Cependant, la question brulante à poser est quelle a été l’incidence de ce développement sur le comportement général des habitants par rapport à leurs attitudes face aux changements ? Il est indéniable que la société humaine n’est pas figée ou inanimée face aux changements sociaux ! Ce qui veut dire que la conduite et l’attitude des gens est forcément tributaire des mutations et transformations vécues.
Ainsi est-il démontré dans le support de cours du Dr. Leila HAMMOUD, Maître de conférences habilité en sociologie, Université A. Mira de Bejaia, Faculté des sciences humaines et Sociales que le changement social est « toute transformation observable dans le temps, qui affecte, d’une manière qui ne soit pas que provisoire et éphémère, la structure ou le fonctionnement de l’organisation sociale d’une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire. »
Le changement social est nécessairement un phénomène collectif, il doit impliquer une collectivité ou un secteur appréciable d’une collectivité; il doit affecter les conditions ou les modes de vie, ou encore l’univers mental de plus que quelques individus seulement.
En conclusion de notre article, il est de bon ton ou conforme aux bonnes manières, de dire que malgré les grandes transformations introduites par l’industrie, rien dans le comportement de la société d’El Hadjar n’a connu d’améliorations, ou de transformation
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