Par OULHASSI Mohamed
L’Algérie, à l’approche de certaines échéances se confond dans des tourments qui
l’entrainent dans des réflexions importantes quant à l’avenir pour ne pas dire le
devenir de grands financements ou placements. Que de ratés peut-on dire de
certaines réalisations chèrement acquises ! A combien se chiffrent ces
constructions, édifices ou immeubles qui sont abandonnés ou délaissés tout juste
après réception ? Quel que soit le cout déboursé, ce n’est pas l’ampleur des
dépenses réalisées qui va contribuer à remédier à ces ratages.
La seule alternative dans ces cas c’est le renoncement à des investissements qui
étaient pourtant sélectionnés à cor et à cri. La question est comment se fait-il
qu’on abandonne des investissements choisis soit par nécessité économique soit
sous la pression de mouvements sociaux. Le meilleur exemple d’investissement
réalisé sous la pression sociale est la ligne de chemin de fer Annaba-Sidi Amar.
Souvenons-nous du début des années quatre-vingt où les remous estudiantins ont
mis sens dessus dessous la région d’Annaba du fait des grands problèmes de
transport entre les différents instituts de l’université de l’époque.
En 2015, cette ligne de chemin de fer tant réclamée par le monde estudiantin et
pour laquelle les pouvoirs publics se sont exécutés sous la crainte de
l’élargissement des protestations et contestations existe bel et bien. Mais tenez-
vous bien elle ne sert pas la population de la ville de Sidi Amar mais a pour
première mission le transport des étudiants ; autrement dit, durant la période des
vacances, elle est à l’arrêt total !
Les quelques navettes existantes sont organisées par rapport aux heures
principales des cours des étudiants et non par rapport aux déplacements des
habitants en tant que travailleurs ou en tant que quidams se déplaçant à titre
privé. Que faut-il, donc, penser de ceux qui ont osé prendre des décisions aussi
anti économique ? Quel pays aurait pris la décision de réaliser une ligne de
chemin de fer uniquement pour transporter les étudiants ?
Malheureusement, ce ratage ne concerne pas uniquement la ligne de chemin de
fer en tant que telle ! Des quais avec guérites, comprenant des emplacements ou
parkings pour bus ont été aménagés aux environs de la faculté des sciences
économiques à Sidi Achour et El Bouni. Certainement a-t-on prévu en ces
endroits des navettes par bus mais tout ce qu’il reste de ce qui a été fait en ces
lieux ce sont des ruines.
La question à poser est si un investissement est une opération qui permet de
renouveler et d'accroître le capital d'une économie, qu’est ce qui a été omis dans la préparation des travaux de l’ampleur de la réalisation qu’on vient de citer ?
S’agit-il de mauvaise préparation des projets ou d’une fuite en avant de
responsables?
Mais combien d’autres projets de l’ampleur de la ligne des chemins de fer
d’Annaba/Sidi Amar ont été abandonnés en cours de route ? Quelles explications
donc donner ? Notons seulement que si on aborde les projets délaissés pour moult
déductions, ily aurait beaucoup à écrire.

