ECONOMIE ALGERIENNE : Comment peut-on expliquer les échecs récurrents qui caractérisent le monde de l’industrie ?

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Par OULHASSI Mohamed

Quand on commence à chercher des parades à ses déboires dans n’importe quel domaine, cela veut dire qu’on est en perte de vitesse et que tout ce qui est visé est de dissimuler ses échecs de peur de l’opprobre et de la déchéance.
Qu’est ce qui peut pousser autant de gestionnaires à taire leurs faiblesses ou leurs
insuffisances dans la maitrise du processus de production en recourant à des prétextes
fallacieux pour ne dévoiler en fin de compte qu’un seul coupable qui est, dans leur esprit, un fourre tout qui peut dissimuler les raisons profondes de leurs revers ou déboires en invoquant ainsi ,à tout bout de champ, la faiblesse du «management » comme si ce concept leur descend du ciel ?!
En réalité, les hommes qui sont en charge de l’outil de production ont choisi une voie basée
sur des aspects qui ne nous aident en rien dans le règlement des problèmes, sinon comment peut on expliquer les échecs récurrents qui caractérisent le monde de l’industrie ? L’exemple concret concernant ce sujet est le complexe d’El Hadjar. Depuis plus d’une décennie, les incidents qui se répètent n’ont pas trouvé de solutions ; ce qui est, cependant, mis en exergue par ceux qui sont en charge de résoudre les tracas c’est le passage d’une idée à une autre pour soit disant mettre un terme aux dangers qui menacent la survie de cette gigantesque usine.
Pourtant pas d’aboutissements à l’horizon !
Nul au monde n’a eu la chance d’utiliser un grand complexe sidérurgique de la taille d’El
Hadjar comme laboratoire d’essai pour expérimenter des idées qui ne débouchèrent sur
aucune solution réelle. Pourquoi donc ? L’état de l’économie nationale était en abandon pour ne pas dire aux mains d’étrangers n’ayant aucun scrupule à exploiter toutes les opportunités offertes par l’irresponsabilité, le comportement et les errements des pouvoirs publics devant les agissements de ceux qu’ils ont choisi pour les accompagner dans l’amélioration de la situation économique du pays.
Ceci est expliqué par le placement d’hommes qui, dans la plupart des cas, se sont trouvés à la tête de responsabilités sans bagages professionnels proprement dit. N’ayant aucun esprit d’initiatives qu’appliquer des directives aléatoires loin de la dynamique du développement industriel. Il fut un temps ou l’on développa de façon surdimensionnée le concept de stratégie industrielle qui fut, bien entendu, déroulé dans un matraquage médiatique suranné sans que l’on puisse voir les résultats que ses concepteurs lui ont voulu donner. Nous avons précédemment parlé de laboratoire d’essai. Qu’est ce que cela veut dire ? Du point de vue de l’aspect managérial, nous sommes passé du secteur étatique au secteur privé accompagné par un partenaire étranger de réputation mondiale puis nous sommes revenu au point de départ, à savoir la gestion dans le cadre d’une entreprise publique économique..
Ainsi, malgré tous les enseignements – s’il y a eu enseignements – tirés de ces expériences, malgré les financements importants pour la réhabilitation des ateliers dépassant parfois le milliard de dollars, la situation va de mal en pis. Tous prétendent être au chevet dé ce grand malade mais on ne voit rien venir Quel est le vrai problème de la mort lente de ce bijou qui a été créé par des hommes qui ont tout donné à l’Algérie. Boumediene doit se retourner dans sa tombe !
Devant le fait accompli de la chute vers les ténèbres tout ce qui est fait par ceux qui décident, c’est le changement des gestionnaires chaque jour que Dieu fait. C’en est trop ! Quel gâchis !
N’importe qui peut, aujourd’hui être le chef d’installations qui ont été pourtant il n’y a pas si longtemps gérées par des cadres algériens qui n’avaient rien à envier aux techniciens si
nombreux qui venaient de divers horizons du monde industriel.
Certains anciens cadres du complexe d’El Hadjar, pas aussi vieux qu’on ne le croit et pourtant jouissant d’une retraite « forcée » ont été délaissés ou laissés sur le carreau pour une raison ou une autre, ne peuvent que geindre de tristesse à la vue de ce qui se passe. Qu’en est-il de ces années de formation en Algérie et à l’étranger de cadres, d’agents de maitrise et d’ouvriers à tous les échelons pour qu’on en arrive à cette disette ? ! Ceux qu’on est en train de placer pour le remplacement de ceux qui partent n’arrivent pas à relancer la production pour laquelle des milliards leur sont mis à disposition pour la réhabilitation des installations.
Malgré le peu de production de semi-fini (brames de l’Aciérie à oxygène numéro 1, billettes
de l’aciérie à oxygène numéro 2…) les laminoirs à chaud, à froid ainsi que le laminoir à fils et ronds à béton n’arrivent pas à consommer le peu de semi-produit élaborés par l’ACO1 et
l’ACO2. Ce qui démontre le niveau de production atteint par les installations du complexe et
la nécessité d’une rapide intervention des pouvoirs publics pour la relance de la production.
Le constat, donc, et qu’après la modernisation des installations telles que les PMA le haut
fourneau numéro 2, l’aciérie à oxygène numéro 1…, les incidents ne cessent de se multiplier.
Il y a environ dix jours (nous sommes le 04/8/18/) le haut fourneau qui a été réhabilité à
coups de milliards de centimes a eu un incident grave. Malgré la sévérité de la conjoncture
liée aux incidents techniques, les conflits entre direction et syndicat ne cessent de croitre ; ce qui empêche l’existence d’un climat social qui permet une entente favorable aux exigences d’un travail qui favorise la mise en œuvre des conditions de la relance économique. Selon un cadre qui était très en vue dans l’ancienne équipe qui était en charge de la gestion du complexe, le mal actuel se résume à quatre points qu’on résumera comme suit :
– le management qui n’obéit à aucune règle,
– l’ingérence du syndicat dans la gestion, ce qui prouve l’intérêt personnel de certains
hauts responsables,
– la non considération de l’entreprise en tant qu’outil économique mais son utilisation
pour des objectifs politiques et syndicaux,
– Le choix des personnes qui obéit au clanisme en l’absence de règles objectives basées
sur les c.v, l’expérience, la formation…Il serait fastidieux d’énumérer toutes les faiblesses dues à des comportements non fondés
sur l’intérêt général et, certainement, sur la meilleure voie pour le développement
industriel et économique de la région. Quand, enfin, viendrait à disparaitre les relations de
copinage dans la gestion de nos entreprises ?

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