Par OULHASSI Mohamed
Une conférence consacrée à la guerre coloniale française en Algérie a été tenue au niveau de la bibliothèque de la lecture publique de Constantine, dans le cadre de la Journée nationale de la mémoire. Le docteur et écrivain, Allaoua Bendif, a animé la conférence. Les points abordés touchent les différents fronts de la guerre coloniale en Algérie, ainsi que l’ensemble des stratégies et plans destructeurs mis en œuvre par l’occupant colonial, pour dominer, effacer et exterminer les Algériens, Le promoteur s’est exprimé sur les crimes coloniaux, confirmant l’atrocité des actes génocidaires, la perversité du système colonial, ainsi que la violence de la réalité imposée au peuple algérien. Il a également cité les agressions mémorielles et la question des charniers, ces lieux où ont été entassés des milliers de corps de chouhada. À cet effet, Allaoua Bendif a souligné que « l’Algérie recense plusieurs sites de charniers, témoins du corps des délits génocidaires de l’armée coloniale française». Il a invoqué, «les flagrantes violations et les crimes collectifs commis avec atrocité, à l’image du génocide des 20 et 21 août 1955 à Skikda, où l’armée française a tué d’une manière sauvage plus de 14.000 personnes, après les avoir regrouper et abattus dans le stade municipal, pour les enterrer dans des charniers, dans la localité Zafzaf». «Ces charniers sont le corps du délit colonial, et des efforts doivent s’opérer, d’une manière rapide, pour localiser l’ensemble des charniers existants en Algérie», a-t-il affirmé, indiquant, dans ce cadre, que l’identification et la localisation de ces lieux des actes génocidaires, est la meilleure façon pour que la France reconnaisse ses crimes coloniaux atroces. L’écrivain a aussi dénoncé «les divers plans destructeurs de la guerre coloniale française en Algérie, en rappelant, surtout, ceux qui visaient à détruire l’agriculture algérienne au profit de l’économie coloniale, ainsi que la destruction du bol alimentaire des Algériens». Le conférencier a, en outre, abordé la manière dont la machine coloniale a acquis, manipulé et instrumentalisé les connaissances et l’information, afin de promouvoir, sur les plans politique et médiatique les prétendus bienfaits de la colonisation française. Une colonisation pourtant criminelle et génocidaire, a-t- il précisé.
Après cette succincte introduction qui formule de manière précise le sujet qui va être abordé dans notre article, à savoir la criminalisation du colonialisme, il est important de dire que le colonialisme français, n’a jamais rompu avec sa principale aptitude dans sa relation avec le peuple algérien qui est le massacre le plus odieux des colonisés. Les délits sont clairement définis et des sanctions pénales sont incluses.
L’Algérie a, donc, décide de programmer un projet de loi qui vise à criminaliser la colonisation française de 1830 à 1962. Ce texte, qui sera soumis à l’APN dimanche 21/12/25 ne se contente pas de condamner moralement un passé douloureux. Il qualifie clairement la colonisation de «crime d’État». Ce texte énumère les actes constitutifs de crimes contre l’humanité impliquant massacres, essais nucléaires, pillage systématique, torture, déplacements forcés et instaure aussi des sanctions pénales contre toute forme de glorification du colonialisme.
Le projet s’inscrit également dans le cadre de la Liste africaine pour la criminalisation de l’esclavage et du colonialisme, adoptée par l’Union africaine, visant à obtenir justice et réparations pour les crimes historiques commis contre les peuples africains et leurs descendants. L’Algérie insiste sur la reconnaissance des crimes coloniaux comme étape clé pour corriger les injustices historiques.
Dans une situation où Paris continue de dénier toute reconnaissance de ses implications, ce projet de loi symbolise une décision de fermer les blessures du passé non par la vengeance, mais par le droit. Le texte tient à rappeler de prime abord que l’agression française contre l’Algérie fut considérée comme le point de départ d’un «projet colonial systématique», raciste ayant duré plus de 132 ans.
Il souligne que le peuple algérien a vécu sous le colonialisme le plus brutal que l’humanité ait connu, qui a excellé dans les massacres les plus odieux, le génocide, les tueries et la famine, faisant des millions de victimes, en plus des campagnes de déplacements forcés et d’exil à l’étranger, des tentatives d’anéantissement de l’identité nationale, culturelle et religieuse, de la manipulation du système d’état civil et de la privation des algériens de leurs droits fondamentaux à l’éducation, à la santé et à la dignité.

