Par OULHASSI Mohamed
Nous faisons réapparaitre cet article qui a été écrit le 26 Octobre 2015 dans « le quotidien L’EST » en compagnie du regretté YOUCEF CASSEM, fils de chahid et, en cette qualité, a été élu par ses pairs, comme secrétaire de l’association des fils de chouhada (ONEC) de Bouchegouf. Feu Youcef Gassem a été également membre de l’APCE de Bouchegouf. C’est dans l’esprit de faire connaitre sa région, que cet article, en son temps, a été rédigé C’est, donc, en son souvenir . qu’il a été repris .
On n’aurait jamais remarqué l’existence de cette localité n’eut été les plaques indicatrices de la destination ; à l’intersection de la route. Ainsi est-il mentionné la ville de Bouchegouf à cinq kilomètres vers Annaba sur la route nationale numéro 16, Medjzfa à dix kilomètres vers Souk Ahras toujours sur la même voie et, enfin, l’endroit qui nous intéresse, dénommé Meguesmia
Meguesmia se trouve à trois kilomètres de l’embranchement indiqué et, à environ trente de Bouhadjar dans la wilaya de Taref. C’est une contrée rattachée administrativement à la commune de Medjezfa dans la Daira de Bouchegouf qui, elle-même, faisant partie de la wilaya de Guelma. On ne va pas dans cette contrée pour changer d’air ou si l’on veut pour vadrouiller bien que les montagnes environnantes s’y prêtent à merveille. Le destin et les années de terrorisme en ont fait un hameau perdu déserté par tous sauf par les rares habitants qui y vivent.
La petite localité, vestige de la ferme agricole Chahid Asfour Mohamed Cherif qui a été subdivisée en plusieurs exploitations agricoles communales est une agglomération qui, selon ses habitants, a toujours été abandonnée par les pouvoirs publics et selon un habitant « je n’ai jamais vu la visite d’un seul responsable dans notre région, surtout depuis les années quatre-vingt-dix ; périodes des années du terrorisme. » Aujourd’hui, malgré la quasi disparition des risques qui ont bouleversé notre société, nous continuons à subir l’ abandon des responsables. « celui qui nous parle est un fils de chahid, natif de la région qui était entouré de plusieurs villageois qui acquiesçaient d’ailleurs à tout ce qu’il disait. Délaissées, abandonnées, isolées sont les qualificatifs qui reviennent le plus dans la bouche des personnes qui nous entouraient.
Que subissent ou qu’endurent les habitants de Meguesmia ? Question n’exprimant rien en réalité. Peut-on demander à quelqu’un qui est dans le dénuement de choisir entre un tourment et un autre ? Notre accompagnateur, monsieur Youcef Gassem , ingénieur agronome de formation, connait bien la région pour l’avoir fréquenté dès son plus jeune âge. Connaissant la majorité des gens rencontrés on tiznt à ce que cet article de presse arrive aux plus hautes autorités de la wilaya de Guelma. « On dit que Madame le Wali qui vient d’être installée rend visite à ses administrés. Elle le fait de manière très simple en utilisant un bus dans lequel tout l’exécutif est présent. N’est-ce pas une chance. pour les habitants d’avoir une visite impromptue dans le douar disent la plupart des gens qui ont un grand espoir dans le règlement des problèmes qui les font souffrir comme l’eau, le gaz, l’électricité ou le transport.
S’informer de ce qu’endure la population, si loin des yeux, c’est d’abord la faire sortir de son isolement. Comment se fait-il, par exemple que ce tronçon de route de dix-huit kilomètres ne soit pas réalisé depuis 2013 ? N’ayant été réalisé qu’à moitié, les gens attendent avec impatience qu’elle soit terminée ne serait-ce que pour le transport des écoliers, des collégiens et des lycéens. Dans la campagne qui s’étire jusqu’à l’horizon aux confins des djebels des béni-Salah on aperçoit de très loin les lieux de regroupements des habitants qui attendent à n’en pas douter une oreille attentive pour écouter leurs doléances. Ces lieux barbares pour beaucoup de citadins mais évocateurs pour les enfants de la région ont pour dénominations Bordine, Oum Halouf, El qmqekessa, El Mariamne.
Meguesmia ainsi que ses douars avoisinants sont les grands perdants de toutes les actions de développement qui sont d’ailleurs si rares dans la région de Bouchegouf. La revendication actuelle de la population n’est pas phénoménale : » c’est tout juste qu’on s’occupe dans une première phase de leurs enfants scolarisés. Il n’existe qu’une seule école primaire depuis 1964.Les autres paliers se trouvent à Medjezfa pour les collégiens et Bouchegouf pour les lycéens… Se transporter dans n’importe quel sens constitue un grand problème.
Les autres exigences relèvent de ce qu’on appelle les besoins primaires tels que l’eau potable et le gaz. Il faut imaginer ce que peuvent supporter les habitants pour se procurer les bouteilles de gaz surtout au vu du manque de moyens de transport du à l’état des routes. Pour l’eau, en dehors de l’alimentation de Meguesmia, les autres habitants doivent se suffire des mois de pluie.
L »économie est basée sur l’agriculture avec ce qu’elle comporte comme insuffisance de moyens mais il existe une ressource inestimable qui ne demande qu’à être exploitée ; c’est la foret Djebel des Beni Salah Dans d’autres conditions et avec peu d’efforts, on peut en faire une zone de tourisme de montagne Elle fut déjà_ préparée pour cette activité quelques années avant l’avènement du terrorisme On se souvient du lâcher d’animaux comme le cerf de barbarie et les oiseaux rares qui purent rapidement s’ adapter.
Les terres agricoles s’arrêtent aux pieds des montagnes, ou commencent de denses forets composés de différentes variétés tels que le chêne, le chêne liège, le châtaignier, le sapin, le pin sylvestre…Tous ces arbres existent au milieu d’une verdure qui donne à ces paysages une apparence paradisiaque.
Quand on s’aventure à l’intérieur de ces forets on est subjugué par ce que nous réserve la beauté de la nature Alors, on se met à rêver du changement que peut connaitre cette contrée avec le développement du tourisme de montagnes qui sera accompagné par une grande fréquentation de la région et le développement de services bénéfiques pour l’emploi dont souffre actuellement les jeunes et moins jeunes.

