Pour,
Le Point d’Algérie.
A.CHOUABNIA.
Nous avons commémoré le 68ème anniversaire du déclenchement de la révolution pour la libération du pays du joug de l’occupation et bien avant les Algériens s’étaient soulevés contre l’injustice d’un colonialisme aveugle et inhumain, laissant dans nos mémoires que les affres de la barbarie exercée contre un peuple qui combat pour sa liberté.
A travers toutes les régions du pays, un seul et même peuple se soulève contre l’injustice et pour acquérir sa souveraineté nationale.
En Kabylie et suite à l’insurrection de 1871, les H’madouch auxquels appartenait le poète populaire ‘’Si Moh’and’’ furent accusés d’avoir participé à la révolte.
Ainsi et après la déportation de son père, ruiné il choisit Bouna (Bône), où commença sa vie de poète errant.
Elle commença sous le signe de la légende, puisque la tradition populaire rapporte qu’il avait reçu l’inspiration d’un ange !
Ainsi vivant dans la ville qu’il avait choisie et où travaillaient beaucoup de Kabyles, il exerça son art dans les cafés, un auditoire nombreux l’entoura et l’adula.
Sa poésie n’était seulement belle, mais elle traitait de thèmes populaires en Kabyle :
L’exil, l’amour du pays natal…le destin, sa poésie apparaissait comme un procès de l’occupation, de la colonisation « le pays a changé d’hommes »disait-il dans l’un de ses derniers poèmes.
« Les terres avaient été spoliées, les montagnards prolétarisés, la société bouleversée de fond en comble ».
Avant sa mort, il avait juré ne jamais répéter ses vers, bien qu’émus par leur beauté, beaucoup d’admirateurs le lui avaient demandé, ce qu’il lui valut la malédiction d’un Cheikh vénéré qui lui prédit qu’il mourrait hors de son pays.*
Mouloud Mammeri a heureusement pu recueillir oralement le plus complet inventaire du poète et de son époque.
C’est pour dire qu’un poète laisse toujours des traces…sinon « ne meurt jamais ».
A la recherche de son frère lui-même en exil, Il mourût en Tunisie emporté par une grave maladie.

