Par OULHASSI Mohamed
C’est une station thermale qui se situe à 20 km de la ville de Guelma, au nord-est de l’Algérie. Hammam Meskhoutine est en bordure de l’Oued Bouhamdane. Quand on saura que la renommée de Hammam Meskhoutine de la wilaya de Guelma tient d’abord de sa géographie que la nature a gratifiée d’un relief très complexe mais somptueux par son décor, ses paysages, et ses variétés climatiques (climat intérieur, climat montagnard…)
Les collines, montagnes ou vallées vous saisissent à chaque kilomètre. Du col d’El Fedjoudj qui se prélasse à 568 mètres d’altitude à Medjez Amar qui semble ramper à ses pieds avec son niveau presque nul par rapport à la mer. De la rencontrede l’Oued Bouhamdane et de l’Oued Charefqui forment l’Oued Seybouse au point dit Medjez Amar, à l’existence de l’une des plus belles sources thermales du monde.
L’histoire séculaire de ces montagnes et vallées a été anéantie par les méfaits de guerres d’occupation. Ce qui est connu ne l’est que par des bribes. Les scientifiques ne s’intéressent qu’à certains aspects du problème. Particulièrement, l’époque romaine.
Des siècles durant, cette région connut des évènements qui lui donnèrent sa spécificité. Pullulant de sources naturelles qui ont, pour la plupart, des appellations qui évoquent des croyances populaires ou des tribus ayant marqué leurs temps, elle a connu le passage de plusieurs civilisations remarquables.
Nos aïeux qui ne laissèrent pas d’écrits se suffirent de légendes très belles que chaque génération transforma selon sa vision de l’heure. A défaut d’une connaissance bâtie par des faits prouvés,par des spécialistes chaque contrée, montagne, village ou ville de la région- ce qui est valable pour toute l’Algérie- a sa légende racontée avec fierté par ses habitants.
Seulement, les légendes ne sont toujours pas bonnes à entendre ou à raconter. Du plaidoyer d’un être opprimé ou d’une histoire d’un homme de guerre sans peur, elles peuvent aussi avoir des faits tragiques.
Ainsi en fut-il de Hammam Meskhoutine, objet de notre article.
La légende a voulu que cette appellation ait pour sujet le mariage d’UN frère et d’une sœur….Dieu pour punir cette tribu qui est allée à l’encontre de ses commandements a transformé tous les participants aux mariages en rochers. De nos jours, vous trouverez encore qui croiraient reconnaitre chaque rocher. » Celui-là c’est le tambourin, celui-ci c’est, c’est le cornemusiez… »vous disent-ils.
A travers ces rochers, dans des rigoles, l’eau bouillante qui provient des entrailles de la terre circule lentement vers une cascade (chellala) toute blanche de calcaire, séparé par les ébullitions.
Des familles, émerveillées, préparent des œufs durs, qu’elles mettent dans des mouchoirs ou autres tissus dans des rigoles bouillonnantes. Les œufs sont cuits en moins de dix minutes Rare les familles qui ne procèdent pas à ce rite.. N’est-ce pas d’ailleurs le meilleur moyen de juger par soi-même du degré de chaleur ?
Le nom de Meskhoutine revient à toutes les discussions
Aucune gêne particulière n’est à remarquer à la prononciation de cette appellation. En famille ou pas. Le sens est clair et ne revêt aucune autre signification en dehors de celle de la légende qui estHAMMAM MESKHOUTINE (Le bain des damnés)
D’est en ouest, ou du nord au sud de l’Algérie, la légende de Meskhoutine a fait son chemin depuis longtemps.
En tout cas, bien trop longtemps pour être effacé des mémoires.
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