PAR OULHASSI Mohamed
Quand on parle de réhabilitation, il est évident qu’il faut d’abord comprendre sa véritable définition. Ce terme est tellement galvaudé dans le monde de l’économie nationale qu’il semble avoir perdu toute signification étant donné son emploi de manière superficielle
Ainsi, toute forme d’analyse des problèmes relatifs à la gestion de nos usines, chantiers ou autres est automatiquement ramenée à ce concept qu’est la réhabilitation des moyens de fabrication ou de production.
Sans aucune prétention de notre part, il s’agit là de fuite en avant de la part de nos gestionnaires qui se rabattent sur de supposées solutions sans engager la plupart du temps la moindre réflexion permettant l’analyse des problèmes posés. Sur quelle base va-t-on mettre un terme aux incertitudes, doutes ou critiques, etc., dont fait l’objet notre production ou réalisations quotidiennes sans l’engagement d’études sérieuses !!
Des actions sont lancées sans déboucher sur les résultats escomptés
Réhabiliter, c’est mettre un terme aux soupçons, critiques ou mépris dont peut se prévaloir une organisation C’est en prouvant qu’elle méritait ou qu’elle mérite de nouveau la confiance ou la considération d’autrui : Cette action l’a réhabilite aux yeux de tout son entourage En quelque sorte, c’est arriver à déterminer avec exactitude toutes les insuffisances et carences qui bloquent la bonne marche de l’organisation afin de prévoir avec précision le lancement des palliatifs qui permettent de remédier aux déficiences et imperfections.
Donc, moderniser ou restaurer un quartier, un immeuble ou une usine constitue une démarche basée sur la connaissance approfondie des obstacles, contrariétés et préoccupations qui découlent d’une situation qui entraine les déficiences et manquements dans l’ordre établi.
Nous avons vu que des actions considérables ont été lancées pour l’amélioration de la production d’importantes unités industrielles sans, cependant qu’elles ne débouchent sur les résultats attendus et, par conséquent, ont connu un échec total. Il n’est qu’à citer ces grandes enveloppes financières en devises sonnantes et trébuchantes pour le renouvellement de certaines installations mais qui n’ont rien donné dans la pratique pour la simple raison qu’il n’a pas été déterminé avec exactitude le problème technique, responsable de la défaillance dans les installations .
la sidérurgie améliore les indicateurs économiques
Relever, rehausser, revaloriser l’utilité de quelqu’un, de quelque chose après une période d’oubli, de discrédit est le but de la réhabilitation. Cela ne pourrait être fait que sur la base d’une connaissance réelle des problèmes posés. Réhabiliter quelque chose, c’est la rétablir dans ses premières pratiques, lui faire recouvrer l’estime, la considération qu’elle avait perdue.
Nous pouvons prendre comme exemple concret pour expliquer ce qu’on vient de développer à propos de ce concept le compte rendu du ministre de l’Industrie en visite de travail de deux jours à la wilaya d’Annaba le 7 septembre 2021.
À ce propos, monsieur ministre Ahmed Zeghdar a souligné l’importance du secteur sidérurgique dans l’économie nationale en expliquant que « la sidérurgie joue un rôle important dans l’amélioration des indicateurs économiques de notre pays, notamment en contribuant à la croissance économique et à sa capacité à faire avancer l’économie nationale »,
« La sidérurgie est l’une des activités fondamentales et structurées qui nécessitent des investissements financiers importants afin de répondre aux exigences des diverses activités industrielles et économiques », a-t-il ajouté.
Évoquant le complexe sidérurgique El Hadjar, le ministre a rappelé que «depuis sa création, le complexe a bénéficié d’un important soutien financier et d’un accompagnement des pouvoirs publics pour lui permettre de répondre à ses besoins nécessaires au renouvellement et à la réhabilitation des équipements, ainsi qu’à suivre le développement des systèmes de production, et à contribuer à faire face à la demande croissante de produits sidérurgiques sur le marché national ».
il faut abandonner l’ancienne conception de management ou l’état faisait tout
Malgré tous ces efforts, « Le complexe n’a pas été à la hauteur de ses aspirations, car il n’a pas été en mesure d’améliorer sa position sur le marché national, et encore moins sur le marché régional et étranger, notamment la gestion et la stratégie de développement ».
Abordant la situation financière, monsieur le ministre Ahmed Zeghdar a indiqué que le complexe sidérurgique « est actuellement confronté à de nombreux problèmes financiers pour financer le cycle d’exploitation », précisant que le complexe ne devrait plus trop compter sur l’aide de l’État compte tenu de la situation des finances publiques.
Donc« Compter sur les moyens financiers mis à disposition par l’État pour aider le complexe n’est plus possible au vu des conditions financières actuelles du pays, qui nécessitent le développement d’une nouvelle approche pour remédier aux lacunes constatées et élever le niveau de gestion du complexe, en s’appuyant sur les compétences existantes dans le cadre du dialogue et du travail collectif ».
Tout ceci veut dire qu’il faut abandonner l’ancienne conception de management ou l’état faisait tout pour la gestion des entreprises publiques Dans ce contexte, c’est l’entreprise qui « doit se conformer à la nécessité de la réduction des coûts de production en s’appuyant sur l’ingénierie financière, afin d’améliorer la compétitivité; la valorisation des actifs inexploités dans le cadre d’une vision dépendante de la rentabilité économique; la diversification et le développement des produits, notamment ceux à forte valeur ajoutée; le recours aux intrants et matériaux locaux pour réduire les importations et la maintenance préventive pour préserver les moyens de production et prolonger leur durée de vie, ainsi que pour réduire le nombre d’accidents industriels qui conduisent souvent à l’interruption du processus de production. »
Mais par-dessus tout, il faut que les managers des entreprises publiques sachent prendre les décisions tangibles pour l’amélioration des paramètres de gestion et spécialement apprendre à mieux réhabiliter les moyens de gestion et non compter uniquement sur les étrangers pour les faire sortir des problèmes qu’ils rencontrent sans qu’ils ne fassent aucun effort pour déterminer par eux-mêmes ce qui bloque la production.

