Par Ali Mohamed
Un retour en arrière à la veille du nouvel an 2022, .Le nouveau Président de la République, ex ministre de l’habitat et Premier ministre en 2016 ainsi que son nouveau premier ministre Aymen Ben Abderrahmane ont annoncé en grande pompe,à la faveur des vœux traditionnels que l’année 2022 sera l’année du décollage économique dédiéeentièrement à l’économie ou bien encore celle de l’excellence économiqueen érigeant l’industrie comme un choix stratégique qui s’est traduit durant l’année sur le terrain par la relance de l’industrie et la mise en place de projets structurants d’investissements productifs à travers l’exploitation des ressources naturelles en vue de répondre à la demande nationale et à l’exportation : minerai de fer, et/ou de phosphates de gara Djebilet et Tébessa, enrichissement du minerai de fer, projet solaire de 1000 mégawatts, unité de production pétrochimique d’additifs pour la fabrication de l’essence pour substitution à l’importation. Le choix de l’industrie comme moteur de l’activité économique n’est pas fortuit et implique nécessairement l’agriculture et l’agro-industrie (engrais) avec un effet d’entrainement sur l’environnement local : construction de nouvelles voies ferrées pour la circulation ainsi que du dispatching des matières premières vers les points de transformation et de stockage pour la production et l’l’exportation permettantainsi de relever le niveau d’intégration économique et technologique.
Bien que la volonté politique de changement soit palpable, les promesses dedécollage ou les prédictions sur l’évolution de l’économie soulèvent aussi des questions sur leur degré de fiabilité dépendant aussi bien de la qualité de la gouvernance que d’évènements externes tels que l’inflation, la guerre, les retombées de la crise sanitaire à l’échelle mondiale…Cependant quel que soit le degré d’incertitude et l’ambition du gouvernement d’aller de l’avant et même exprimant le désir de rejoindre les BRICS ( 5 pays à forte croissance) l’économie repose sur le plan d’action adopté par le parlementent en septembre 2022inspiré du nouveau modèle de croissance dont l’idée a émergé consécutivement à la crise financière de 2014avec la chute des prix des hydrocarbures- modèle conçu à ce moment comme une reconversion économique. Après son approbation en 2021 le plan d’action du gouvernement (PAG) a été salué par le FMI et accueilli avec le soutien de la banque d’Algérie sur la base du plan de Refinancement dé 2100 mds de DA.
Le nouveau modèle de croissance.
Le fait que le budgetde l’état est dépendant pour une grande part des revenus de la seule ressource fossile des hydrocarbures représentant 96 % des exportations totales, et ce via et la seule fiscalité pétrolière comptant pour 60 % du budget, l’idée du nouveau modèle émergea avec la crise financière de 2014 consécutive à la chute drastique des prix. La volatilité des prix et les fluctuations de la demande comme ce fut le cas précédemment (années 80,90…) sont à l’origine dé crises récurrente creusant le déficit budgétaire et impactant durement l’économie, en ayant recours à une politique monétaire (création de 6000 mds de dinars lors de la crise de 2014) et même à des politiques de rigueur. Au départ l’idée du nouveau modèle fut conçue comme une reconversion économique et semble évoluer ces deux dernières années ( 2021/2022)vers le but de la diversification de l’économie à travers l’industrie créatrice de richesses et d’emplois
Conformémentau plan d4action du gouvernement (PAG) et de la relance, le nouveau modelede roissance basé sur une économie productive vise à mettre fin à la dépendance de l’économie rentière reposant sur la seule ressource fossile sujette à variations particulièrement de faible croissance par rapport à l’industrie porteuse de de technologies et d’une croissance plus forte. La réussite d’une telle entreprise dépendra de la persévérance politique des gouvernants qui ambitionnent de rejoindre le club des BRICS.
- Plan d’action du gouvernement, plan de relance et réforme, plan de refinancement de la banque d’Algérie.
.Le plan d’action du gouvernement (PAG). Ce plan a été adopté le 16 septembre2011 par l’assemblée populaire nationale (APN).Il comporte plusieurs chapitresrelatifsaux politiquesà meneret aux mesures à prendre pour dynamiser le système et de relancer à court terme l’activité économique affectée durement par la crise sanitaire. Le débat parlementaire autour du plan a permis de consolider l’engagement du gouvernement à le mettre en œuvre en le soumettant au contrôle et à l’évaluation des écarts à travers un mécanisme de strict suivi et à l’étayer par des statistiques les mieux élaborées possible. Le plan d’action du gouvernement couvre aussi bien les réformes structurelles comme celle du système bancaire et financier ( role des banques et marché financier) que la relance de l’économie à court terme, les deux restent liées et s’influencent mutuellement dépendant des priorités et de l’horizon de mise en œuvre long, moyen et court termr)
LE PLAN DE RELANCE
Le plan de relance a pour but de redynamiser l’activité économique nationale à court terme, affectée par la double crise budgétaire et monétaire (2014-2019) et la pandémie (2020/2021) en remettant au travail hommes, femmes et entreprises et en relançant les projets d’investissement anciens et nouveaux en vue de relever la production nationalet récupérer les postes de travail perdus (estimés à 500.000 en particulier le BTP.
Il s’agira donc de mettre au vert les indicateurs passés au rouge ces dernières années de rupture à l’échelle mondiale.
C’est ainsi que le déficit budgétaire est passé de de 5,6 % du PIB en 2019et s’est creusé à 13,6% en 2020 consécutivement au pic de la pandémie et à la politique monétaire depuis 2017,l’année 2021 verra une diminution du déficit sans pour autantrevenir au niveau prépandémique (10 % environ) fruit de la relanc au milieu de l’année 2021
En 2020, le trésor a du financer le déficit budgétaire considérable en utilisant le reliquat du financement monétaire du programme 20 17/19
C’est ainsi que les créances des banques détenues par les entreprises publiques ont fait l’objet d’un rachat par le trésor en échange d’obligation dont le montant (standard) a été reversé aux mêmes banques pour faciliter la reprise et le crédit bancaire.
La mesuré et d’autres indicateurs tels que le déficit budgétaire’ la balance commerciale la croissance dénote une évolution positive durant les quatre dernièresannées malgré les séquelles de la pandémie et le niveau d’inflation mondiale ( à 2 chiffres) durant l’année 2021.
| INDICATEURS | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 |
| D2FICIT BUDG2TAIRE | 5 ?06 DU pib | 13h6 % | 10 % | 3 à 4 % |
| BALANCE COMM. | 10 % du PIB | 14,8 % | déficit – | SOLDE EXC2DENTAIRE |
| CROISSANCE PIB | + 0,8 %. | – 4à 7 % | 3 ?% | 3 à4% |
| INFLATION | 2% | 2 ?4 % | 9 ?5 % EN OCTOBRE sup. 10 % | SUP.10% |
| REVENUS PETROLIERS | + 2 ?7 mds dollars | 20 mds dollars | 34 mds dollars | 50 mds dollars |
| EXPORTATIONS HORS HYDROCARBURES | Sup/égale 2 mds dollars | Sup/égale 2 mds dollars | Sup/égale 5 mds dollars | 7 mds dollars |
| DETTE PUBLIQUE | – | – | 65,4 du % du PIB | – |
| PIB | 167 MDS DOLLARS | – | – | 193 MDS DOLLARS |
Bien que ces chiffres soient à prendre avec précaution, ils permettent de fixer les idées pour la lecture d’un bilan plus précis. La balance commerciale n’est pas réductible un écart entre les prestations et les exportations pour leur compte et autres paramètres tels que les investissements étrangers, les services,…
L’année 2022 semble avoir tenu ses promesses avec l’amélioration significative du PIB soutenue par un contexte favorable des hydrocarbures (hausse des prix consécutive à la guerre d’Ukraine) en contraste avec l’érosion du pouvoir d’achat(consécutive au niveau élevé de l’inflation mondialeet la détérioration dela dette publique à la suite de lapolitiquemonétaire des dernièresannées (rachat des dettes de banque, diminution des ratios prudentiels…
Le plan de refinancement de la banque d’Algérie.
Afin de soutenir le financement de la relance économique, la banque d’Algérie a mis en place un programme spéciale derefinancement pour une année à partir de juillet 2021, consistant en des opérations de cession temporaire de liquidités affectés à ’l’initiative de la banque d’Algérie. Le montant de l’enveloppe monétaire est plafonné à 2100 mds de DA En échangela banque d’Algérie accepteen garantie au titre desopération spéciales de refinancement les obligationsémisespar le trésor. Les modalités de cession aux banques primaires ‘ calendrier, exécution des opérations, remboursements, secret de refinancement) sont soumis aux procédures réglementaires de la banque d »Algérie : le taux d’intérêt appliqué aux opérations de cession aux banques est le taux directeur de la banque d’Algérie. Dans le même ordre d’idées, il faut signalerla mise à dispositiondes droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI dans le cadre du soutien du plan de relance en Afrique s’élevant à 2,77 mds de dollars pour financer la moyenne attendue en 2022.
En plus du rôle des banques dans l’accompagnement et le soutien des investissements et des entreprises, de nouveaux modes de financement de la croissance sont attendus : marché financier (bourses, partenariat public/privé, finance islamique, informel pourle financement des projets d’infrastructures et d’investissement
Conformément au plan d’action relatif aux reformes du gouvernement malgré des progrès enregistrés par l’économienationale, l’année 2022 est fortement entachée par l’inflation, phénomène majeur qui a frappé sévèrement les pays développés ainsi que les pays en voie de développement( prix des denrées de base et /c inflation, les banques centrales se livrent à des augmentations leurs taux directeurs pour tenter de stabiliser les prix et d’éviter une récession mondiale.

