L’élevage bovin en Algérie découle d'une vieille coutume, depuis les
Romains.
Par Oulhassi Mohamed
u’en est-il de la vache algérienne ? C’est la bonne race dans une économie de subsistance. Sa désignation est la brune de l’Atlas. Elle est de petite taille et s’est habituée à des conditions d’élevage difficiles, donnant sa force de travail, sa viande, son cuir et son lait. De cette population bovine, des croisements se sont adaptées chacune aux exigences difficiles de leur territoire d’élevage
A partir des années 1970, des races européennes laitières à rendement largement supérieur nos vaches ont été importées. Le troupeau algérien a augmenté de 865 000 en 1968 à 1 424 000 animaux en 1985. Depuis, il est resté invariable entre 1990 et 2005, dont 800 000 vaches. Cette amélioration ne permet pas de suivre la demande en hausse. Le prix du lait et les aides trop faibles ne motivent pas les éleveurs et leur niveau de compétence ne progresse pas. L’élevage extensif qui est une méthode d’élevage de bovins, ovins etc. représente 40 % de la production laitière et 78 % de la production bouchère.
1. En cas de sécheresse, hors le sel mais également le fourrage aucun apport supplémentaire de nourriture n’est requis, ce qui oppose ce mode d’élevage à l’élevage intensif ou élevage industriel qui vise à optimiser le rendement tout en réduisant les coûts.
Notons d’après ce qui précède qu’il existe dans l’est du pays un élevage semi intensif qui produit de la viande et du lait. La surface fourragère cultivée est de 1 % de la surface agricole utile. D’autre part, un élevage intensif existe chez des producteurs disposant de petites surfaces agricoles Ils achètent les aliments de leurs animaux. La taille des troupeaux est réduite. La productivité est en deçà des objectifs attendus avec l’importation de races productives La production laitière ne couvre que 35 % des besoins nationaux. Le lait de vache représente 80 % de l’économie, mais les laits de chèvre, de mouton ou de chamelle restent cantonnés à un marché local d’autoconsommationBaladna Algérie est-elle la solution ? Ainsi, constate-t-on que Baladna Algérie n’est pas un simple élevage mais ses précurseurs ont fait que le projet découle d’une logique adaptée c’est à dire produire du lait à grande échelle, l’industrialiser sur place, puis alimenter le marché local en produits dérivés. C’est ce qui explique la taille du site prévu à Adrar, présentée comme une base de production conçue pour fonctionner dans un environnement désertique, avec des infrastructures lourdes, des besoins logistiques élevés et une organisation proche d’un complexe agro-industriel. Le projet évalué à 3,5 milliards de dollars.
Selon des informations d’agences cette opération doit s’étaler sur dix mois à partir de novembre 2026 et reposer sur 109 vols au départ de neuf États américains. Elle se marque dans le développement d’une ferme géante prévue à Adrar, au sud de l’Algérie, avec une capacité annoncée de 270.000 vaches à terme.
Ainsi, l’Algérie veut conforter sa production locale de lait et réduire une partie de sa dépendance aux importations de poudre de lait. La demande faite aux États-Unis n’est pas nouvelle mais sur la base d’un accord bilatéral qui avait déjà ouvert la voie à l’importation de vaches laitières américaines dès 2024, Le choix des États-Unis répond à une logique de qualité génétique et de performance laitière. Les autorités algériennes et les partenaires du projet cherchent des vaches capables de produire dans un cadre industriel, avec un rendement stable et une adaptation à des systèmes intensifs. Dans ce type de projet, chaque étape compte. Le transport doit respecter des normes vétérinaires strictes,. Les 109 vols annoncés donnent une idée de l’ampleur logistique. Cela signifie qu’il faudra en moyenne plusieurs dizaines de rotations par mois, avec une chaîne d’accueil parfaitement organisée à l’arrivée. le mégaprojet d’Adrar peut avoir plusieurs effets : Le pays reste fortement consommateur de lait, alors que sa production locale ne couvre pas toujours la demande. Que faut-il faire ?. augmenter la production nationale de lait cru ; développer une filière locale de transformation ; réduire une partie des importations de poudre de lait ; créer des emplois dans l’élevage, le transport et l’agroalimentaire ; attirer des savoir-faire étrangers dans l’agriculture de précision. Le projet d’Adrar, dépend de variables sensibles Le projet d’Adrar, de taille très importante, dépend de variables sensibles tels que ; disponibilité de l’eau, alimentation du bétail, coût énergétique, maîtrise sanitaire et efficacité de la chaîne industrielle. Le Sahara offre de l’espace, mais il impose aussi des contraintes fortes, surtout pour un élevage intensif. Projet Baladna de production de lait franchit une autre étape avec la signature, du deuxième lot de contrats de réalisation du projet agricole et industriel de la société « Baladna Algérie » pour la production de lait en poudre, principalement dans la wilaya d’Adrar avec des partenaires algériens et étrangers dans les domaines des services et de fourniture de vaches, pour un montant global dépassant les 635 millions de dollars.. Ce deuxième lot de contrats ouvrira la voie à la formation du troupeau, à la couverture des travaux de génie civil, à la réalisation d’une usine de béton, à des infrastructures de services et d’hébergement, ainsi qu’au lancement d’un programme d’importation de vaches laitières. Dans ce cadre, il sera procédé au lancement du programme d’importation des vaches destinées au projet à partir de novembre 2026, à travers un pont aérien pour l’acquisition de 30.000 têtes provenant de neuf (9) Etats américains, sur une période de 10 mois. Pour rappel, une première série de contrats d’une valeur de plus de 500 millions de dollars a été signée à Alger, dans le cadre de la première phase du projet agro-industriel intégré « Baladna Algérie » de production de lait en poudre, avec un investissement total estimé à 3,5 milliards de dollars.
Les contrats signés introduisent des fournisseurs de technologies agricoles et de lignes de production, de machines d’irrigation, de forage de puits d’eau, de structures en acier et en métal, ainsi que des sociétés de conseil spécialisées dans la gestion de projets, les levés topographiques, les études de sol et les études d’impact environnemental…
Les travaux débuteront en fin d’année 2024 pour l’une des plus grosses fermes laitières du monde en Algérie. L’accord a été signé en avril entre le ministère de l’agriculture et du développement rural algérien et la société qatarienne Baladna, ayant déjà à son actif une ferme de 24 000 vaches laitières au Qatar. Le projet pour l’Algérie : traire 270 000 vaches sur 117 000 ha dans la région d’Adrar à l’extrême sud du pays.
Selon le développement de cette exploitation se fera sur neuf années avec une première phase d’aménagement pour la production de fourrage, une autre de construction pour accueillir les 50 000 premières têtes en 2026 et monter les lignes de production de lait en poudre. Ce n’est qu’à la neuvième année du projet que le nombre total de 270 000 bovins devrait être atteint avec une production d’environ 1,7 milliard de litres de lait par an.
Ainsi, peut-on dire, Ce projet phare, qui est le fruit d’un partenariat stratégique entre la société qatarie Baladna et l’État algérien, marque une étape décisive dans le développement agricole du pays.

