Par Achour OUFELLA.
Juin 2024. Le timing de l’émission des timbres-poste portant sur le “néroli“, a de quoi surprendre. Il coïncide avec l’anniversaire de la première inscription locale, d’une association de parfumeurs et la naissance en 1724 de la jurande des gantiers-parfumeurs, déjà 300 ans, mois pour mois. Grasse (France), à l’origine une ville de tanneurs, se convertit alors en capitale des parfumeurs à la faveur de la mode florentine des gants parfumés, connue bien avant. Hasard de calendrier ? Peu importe.
Du développement de la culture du bigaradier ( (لعرنجpour ses estimables petites fleurs, voilà en substance ce qu’en souffle Wikipédia : “Le néroli est produit dans les pays où pousse le bigaradier comme la France, l’Italie, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, le Liban et le Paraguay“. On aura vite noté l’impasse faite sur le nom Algérie, pays méditerranéen, doté d’un littoral de 1200 km et véritable “caméléon“ de l’agriculture. Une omission pas du tout anodine, sommes-nous portés à croire.
La série de quatre timbres impulsée par Algérie-Poste, intervient à point nommé pour éclairer le public et combler cette lacune. Chacun jugera alors, de la pertinence de certains médiats à vouloir faire de l’information.
En fait, quatre vignettes qui en appellent d’autres, pour donner plus de visibilité à ce patrimoine immatériel. Pas que le bigaradier, mais aussi d’autres plantes à fleurs, rose, jasmin ou tubéreuse (مسك الروم) et surtout l’incontournable pélargonium à forte odeur (عطرشية) – عطرشة), culture de rente par excellence, qui couvre d’immenses surfaces. Compter des lustres pour cette espèce à feuilles odorantes, qui attire à elle seule, dans notre pays, des grands noms de la parfumerie moderne comme Caron, Guerlain, Piver, mais aussi Gallet, Chanel, Lanvin.
De l’ingrédient au produit fini en passant par les tests, l’emballage ou le transport local, on recense quelques acteurs économiques à des niveaux régionaux. Des stands collectifs se tiennent périodiquement. Les objectifs quant à eux, tendent à aller vers plus de production, de représentativité et d’efficacité. Car si le “made in Algéria“ reste une référence, d’autres pays d’Asie montent en puissance.

