Par OULHASSI Mohamed
Le Sahara occidental a une superficie de 266 000 km2. Il est entouré par la province marocaine de Tarfaya au nord, l’Algérie au nord-est, la Mauritanie à l’est et au sud, et sa côte ouest donne sur l’Atlantique. Le Sahara occidental est un territoire non autonome selon l’ONU C’est une ancienne colonie espagnole qui n’a pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique depuis le départ des Espagnols, en 1976.
Le Maroc, comme dans ses habitudes lors des indépendances des pays qui lui sont limitrophes (Algérie, Mauritanie) revendiqua le territoire comme faisant partie de ses terres ignorant la revendication de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), dont l’objectif est l’indépendance totale du Sahara occidental.
La revendication de l’indépendance est soutenue par l’Algérie0 [ Le dossier saharien bloque ainsi la construction de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Le Polisario qui est en faveur de l’indépendance est en opposition à l’intégration avec tout pays voisin. . le Maroc contrôle et administre environ 80 %[6] du territoire depuis le cessez-le-feu de 1991, tandis que le Front Polisario en contrôle 20 %, La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental s’occupe de l’ensemble du territoire.
Entre octobre 1957 et avril 1958, le Maroc à la suite de l’indépendance de sa partie nord en 1956, tente de libérer Ifni, Tarfaya et le Sahara occidental de l’occupation espagnole, en soutenant l’Armée de libération nationale du Maroc sud, formée d’irréguliers marocains et de tribus sahraouies. À l’issue de la guerre d’Ifni, le Maroc récupère quelques territoires (le Cap Juby, aussi désigné comme région de Tarfaya, ainsi que la majeure partie du territoire d’Ifni, excepté Ifni elle-même). Toutefois, l’opération conjointe franco-espagnole met en échec les irréguliers marocains de l’Armée de libération nationale au Sahara occidental, les forçant à évacuer les villes d’Edchera, Tafoudart et Smara, qu’ils contrôlent jusque-là.
En 1975, un avis consultatif de la Cour internationale de justice confirme l’existence de liens historiques entre les populations du Sahara occidental et le Maroc, ainsi que l’ensemble mauritanien :
« Les éléments et renseignements portés à la connaissance de la Cour montrent l’existence, au moment de la colonisation espagnole, de liens juridiques d’allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental. Ils montrent également l’existence de droits, y compris certains droits relatifs à la terre, qui constituaient des liens juridiques entre l’ensemble mauritanien, au sens où la Cour l’entend, et le territoire du Sahara occidental. »
Cependant, l’avis conclut qu’ils ne sont pas de nature à empêcher un référendum d’autodétermination, en y rendant inapplicable la notion de terra nullius. Dans son avis, la Cour précise : « (…) En revanche, la Cour conclut que les éléments et renseignements portés à sa connaissance n’établissent I’existence d’aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d’une part, le Royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien d’autre part. »
Quelques jours après cet avis, Hassan II, roi du Maroc organise la marche verte (6 novembre 1975) pour marquer la volonté d’une souveraineté marocaine sur ce territoire. Ceci amène l’Espagne à signer les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie, le 14 novembre 1975, pour officialiser le partage du territoire. Le Maroc obtient les deux tiers nord, et la Mauritanie le tiers sud ; l’Algérie et les Sahraouis ne sont pas consultés. Le retrait des troupes espagnoles, décidé peu avant la mort de Franco, s’effectue entre 1975 et 1976.
Le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est proclamée par le Front Polisario à Bir Lahlou[12], au lendemain du départ du dernier soldat espagnol du territoire. Dans le même temps, la lutte armée du Front Polisario attaque par des incursions éclairs les forces marocaines et mauritaniennes qu’il considère comme de nouvelles forces d’occupation. La bataille d’Amgala en 1976 entre forces marocaines et algériennes sur le territoire du Sahara occidental montre le soutien actif de l’Algérie au Polisario. Entre fin 1975 et 1976, des dizaines de milliers de Sahraouis quittent le Sahara occidental, fuyant la guerre vers les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie, encadrés par le Polisario.

L’officialisation par Israël, le 17 juillet, de sa reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental est la dernière étape du processus de normalisation des relations entre les deux pays. Israël peut maintenant compter au Maghreb sur une alliance de fait avec le Maroc, lequel a érigé en cause nationale la légitimation de sa souveraineté sur ce qu’il nomme ses « provinces du sud ».
L’ex-colonie espagnole et ses 266 000 km2 sont considérées par l’ONU comme un « territoire non autonome ». Depuis 1975, le Polisario appelle à la tenue d’un référendum d’autodétermination, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, et a formé une « République arabe sahraouie démocratique » (RASD). Celle-ci est abritée dans les camps de réfugiés de Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie, pays qui lui fournit une aide politique et militaire.
Un positionnement français ambigu
sous le règne d’Hassan II, le Maroc avait quitté l’Organisation de l’unité africaine (OUA, ancêtre de l’Union africaine) à la suite de la décision de cette dernière d’admettre la RASD comme « membre », un statut qui revient à lui reconnaître la qualité d’Etat souverain. Trente-trois ans plus tard, en 2017, son fils, le roi Mohammed VI, avait changé de stratégie diplomatique, choisissant de réintégrer les instances de l’Union africaine (UA) pour faire accepter son plan d’autonomie. « Il a paru contradictoire d’être influent en Afrique tout en étant absent de l’UA », a analysé une politologue.
« Le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international », avait- mis en garde le roi lors d’un discours le 20 août 2022.
Or l’attitude de Paris, qui refuse de reconnaître formellement la souveraineté marocaine sur le territoire – se contentant d’applaudir la proposition d’autonomie comme « une base de discussion sérieuse et crédible » – est aujourd’hui jugée dépassée à Rabat.
Seulement depuis peu la France s’aligne sur la position du Maroc, au risque d’une nouvelle crise avec l’Algérie. Le gouvernement algérien a annoncé, le « retrait avec effet immédiat » de son ambassadeur en France, après l’annonce d’un renforcement du soutien français au plan d’autonomie marocain pour le territoire contesté du Sahara occidental.
« La représentation diplomatique algérienne en France est désormais du ressort d’un chargé d’affaires », a ajouté le ministère des affaires étrangères dans un communiqué publié par l’agence officielle APS, dénonçant un « pas qu’aucun autre gouvernement français avant lui n’avait cru devoir franchir ».
Mais l’autre volet du combat marocain se situe sur le terrain de l’économie. Les dépenses visant à militariser, développer et exploiter la zone désertique, notamment la ressource touristique, ne sont toutefois pas encore rentables. « Le Sahara coûte beaucoup plus cher qu’il ne rapporte. Les fonctionnaires envoyés y ont une prime, les impôts y sont plus faibles et le Maroc a fait de nombreux efforts économiques pour cette zone. »
L’exploitation du phosphate lui permet néanmoins d’être le deuxième producteur mondial, derrière la Chine. Son contrôle des 1 100 km de côtes sur l’Atlantique lui offre le monopole sur les ressources halieutiques, même si Rabat a subi un revers après que la Cour de justice de l’Union européenne a considéré que l’accord de pêche avec les Vingt-Sept, qui lui apportait une contribution annuelle d’environ 50 millions d’euros, était illégal en raison du statut du Sahara occidental. L’accord est arrivé à expiration le 17 juillet.
Le Maroc n’entend cependant renoncer à aucune de ses revendications sur ce territoire. Le royaume ne conditionne pas l’entièreté de ses relations à la question du Sahara occidental, mais celle-ci est aujourd’hui devenue l’épine dorsale de sa diplomatie. Et qu’importent les fâcheries et coups de froid qu’elle peut susciter.
Après l’annonce d’un renforcement du soutien français au plan d’autonomie marocain pour le territoire contesté du Sahara occidental. Le gouvernement algérien a annoncé, mardi 30 juillet, le « retrait avec effet immédiat » de son ambassadeur en France, dénonçant un « pas qu’aucun autre gouvernement français avant lui n’avait cru devoir franchir ». La France a répondu, , avoir « pris note de la décision de l’Algérie de rappeler son ambassadeur ». « Nous n’avons pas à commenter cette décision souveraine », a souligné une source diplomatique
Le ministère des affaires étrangères algérien a dénoncé, mardi, un « pas qu’aucun autre gouvernement français avant lui n’avait cru devoir franchir ».
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est contrôlé en majeure partie par le Maroc qui propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté. Mais il est revendiqué par les indépendantistes sahraouis du Front Polisario qui réclament un référendum d’autodétermination, prévu lors d’un cessez-le-feu en 1991
L’ONU considère ce territoire, aux riches eaux poissonneuses et aux importantes réserves en phosphates, comme un « territoire non autonome ». En reconnaissant le plan d’autonomie marocain comme « seule base de règlement » du conflit du Sahara occidental, la France « bafoue la légalité internationale, prend fait et cause pour la négation du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et se démarque de tous les efforts patients et persévérants déployés par les Nations unies » pour « parachever la décolonisation du Sahara occidental », a ajouté Alger.

