Par OULHASSI Mohamed
Des dizaines d’articles journalistiques ont été écrits sur la ville de Sidi Amar qui a eu pour notoriété la célèbre entreprise nationale de sidérurgie, en l’occurrence la SNS (société Nationale de Sidérurgie El Hadjar). Il faut dire que la prétention qui a toujours guidé les responsables est de faire de cette agglomération une cité de la trempe des villes qui ont jalonné les diverses contrées de l’Algérie après le lancement de zones industrielles à travers le territoire national.
Jusqu’à une date récente, Sidi Amar est restée la cité la moins développée et la plus mal gérée d’Algérie. Sans prétendre détenir des exactitudes ou précisions sur un sujet difficile, le mieux est de se référer à un état des lieux de cette commune. Que l’on aille au centre-ville, zone communément appelée « le terminus » que l’on se rapproche de l’édifice abritant la mairie ou que l’on se hasarde dans n’importe quel quartier à l’intérieur de la ville, l’impression est toujours la même : un délaissement indescriptible ou la saleté le dispute au désordre et à la désolation !
En 2025,des troupeaux de vaches continuent à envahir la cité sans qu’il ne soit mis fin à cette invasion qui ne trouve pas d’explications et ce malgré les écrits de la presse et les protestations des citoyens. Toujours, pour la même période les ruissellements pour ne pas dire les inondations couvrent tous les coins et recoins de la cité. Ainsi en est-il d’un réseau d’eau qui n’arrive pas à satisfaire les besoins des habitants mais qui à chaque distribution des centaines voire des milliers d’hectolitres se déversent dans la nature. Au fait, connait-on réellement les quantités qui partent dans la nature ? Quelle description faut-il donner à cette commune qui , dit-on, est parmi les plus riches d(Algérie ? Des quartiers mal entretenus et délaissés dans une ville qui ne demande qu’à être décrassée. Des bâtiments, pour la plupart neufs, sont implantés dans des zones jonchées de détritus et recouvertes de mauvaises herbes. A-t-on jamais pensé à boiser cette ? Là où sont entreposés des rocs, pierrailles, ferrailles datant des premiers chantiers de construction de la ville, n’y-a-t-il pas une maniéré plus intelligente de redorer le blason d’une commune qui ne demande qu’à être transformée en un espace urbanistique viable ?
Sidi Amar n’est pas, pourtant, une simple commune rattachée à la Daire d’El Hadjar, elle est le lieu d’implantation d’institutions à caractère national :nous citerons à ce titrele complexe sidérurgique appelé communément « complexe d’El Hadjar » et l’université d’Annaba.
Paysage urbain délabré, capitale de la saleté et du désordre, est-on obligé de la décrire sans pourtant aller jusqu’à oublier qu’elle fut un certain moment, durant les plus belles années du développement du complexe sidérurgique une cité bien propre et bien accueillante. De cité gérée par la direction du complexe d’alors , tout autant que n’importe quelle autre installation, qui compose cette usine gigantesque, elle accueillait des cadres et des agents de maitrise ainsi que des corps de métiers très rares pour cette époque.
Il n’était pas facile de prétendre être au courant de ce qui se cachait derrière ces appellations mystérieuses tels que fondeurs, aciéristes ou cokiers ..Les zones urbaines ou rurales ne se distinguent nullement par des spécificités particulières. Leur dénominateur commun reste le manque d’hygiène et le désordre, aggravé par cezs troupeaux de bovins qui peuplent toute la commune du matin au soir.
Le passage à la gestion civile de la cité, pour ne pas dire le basculement d’une gestion qui considérait le bien être des habitants comme une donnée essentielle dans la marche des ateliers a entrainé la ville dans l’inconnu. Que resta-t-il de ces jardins d’enfants ? De ces dispensaires médicaux ? De cette future clinique ? De ce marché ?

