Il était une fois, le centre de BOUHDID des Fils de chouhada d’Annaba

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Par Oulhassi Mohamed
Qu’il semble être éloigné le temps des premières années de l’indépendance ! C’est
par pure coïncidence que le sujet qui va être abordé dans cette chronique va
déboucher sur une multitude de questions toutes aussi importantes les unes que les
autres mais qui, en réalité, sont empêtrées dans le même moule qui les a vu naitre.
En effet, la personne qui va nous confier ses souvenirs sur les orphelins de la guerre
d’indépendance a choisi volontairement d’aborder cette question par, d’abord, le
déclenchement de la révolution à Bouchegouf et ensuite, le récit des premières
prises en charge des fils et filles de chouhada à Annaba lors du recouvrement de la
liberté.
Le personnage, d’un âge avancé, maitrise, comme si cela datait d’hier, tous les
souvenirs qui marquaient les grands évènements qu’a vécus notre pays. « Ecoutez, je
vais essayer d’être fidèle à mes souvenirs mais je vous prie de ne pas dévoiler mon
nom ; je préfère rester dans l’ombre, j’estime que je dois commencer mon récit par
le début de la révolution. Les fils de Chouhada n’ont pas émergés de l’ombre ; ils
constituent la réminiscence de tous ceux qui sont tombés au champ d’honneur,
pour leur majorité, à la fleur de l’âge »
Cet article commencera selon le désir de notre interlocuteur sans citer son nom
puisque pour lui ce qui compte c’est de se rappeler des souvenirs perpétuels mais
qui, malheureusement, commencent à tomber dans l’oubli.

Au déclenchent de la révolution, rien ne présageait de la tournure qu’allaient prendre
les évènements inhérents à la guerre de libération. En fait, dès le départ, Bouchegouf
alimentait Annaba en moudjahidine. La personne qui nous parle est un moudjahid de
la première heure qui ne veut pas de publicité pour soi-même mais qui, sur notre
insistance, a bien voulu discuter des premières années de l’indépendance et, ensuite,
à l’indépendance, de ce qu’il a fait avec d’autres personnes pour les fils de chouhada
et de ce qui a été engagé comme œuvre pour la formation de tous ceux qui était dans
le besoin.
« Savez-vous,… » nous disait notre interlocuteur « Buchegouf est une ville martyre, Il
alimentait Annaba en moudjahidine. Qu’est-ce que les autres régions par rapport à
Bouchegouf ? » Il a voulu nous donner un petit détail sur la révolution (1 er
Novembre de l’année1956) l’intéressé a été militant du MTLD. Après le congrès de
Messali en Belgique, il y a eu scission du parti. En tant que militant resté neutre entre
les centralistes et Messali, en 1953, il a pris contact avec Slimane Belachari Zentar qui
a été membre du CRUA et chef de la zone de bouchegouf qui préparait la révolution
avec Badji Mokhtar..
C’est à partir de ce moment que commençaient les préparations (bombes, armes…)
Les bombes qui sont préparées à Bouchegouf par Zentar en tant que responsable
sont confiées à plusieurs personnes dont un forgeron nommé Arar Aissa, Kader
Hammadi qui est technicien concerné par la préparation de bombes. La matière
fournie par Bellili Abdellah en détonateurs, mèches, poudre…La carrière qui fournit la
dynamite est la carrière JOREC.
Les responsables qui fournissent la dynamite sont un nommé Ahmed de Ben M’hidi
et Ali d’une autre carrière du côté de l’Edough ; C’était Zentar qui s’occupait de la
livraison à l’organisation. Notre interlocuteur qui a été un éminent militant de la
révolution a eu un grand rôle au début de la révolution et même emprisonné en
France et s’est reconverti tout juste après l’indépendance en homme de charité pour
l’aide des enfants de chouhada
Quelques militants, dont notre interlocuteur, ont eu l’idée de créer des centres en
1963.Ces centres occupés par les sœurs puis l’armée française ont été réappropriés
par ces militants pour l’éducation et la prise en charge des fils et filles de chouhada.
Ces centres pris en charge par les militants laissent à désirer d’où l’occupation directe
pour ces orphelins. L’admission de ces enfants se faisait par le FLN. Les enfants
venaient de toutes les régions (Souk Ahras, Tebessa, Annaba, Guelma…)

A Annaba au centre de BOUDID l’état des enfants étaient lamentables. Ils sont
ramenés accompagner de leurs parents et pris en charge par le centre dont les
responsables sont Bellili, Abdelhak et Bouten Mohamed. Ces gérants ont été
désignés par le FLN, fédération d’Annaba.
La prise en charge est totale (dortoirs, cantines, réfectoires, études…). Les
enseignants sont de l’éducation et centres de formation. Tous les conforts voulus
existent pour la prise en charge des enfants avec la participation des bienfaiteurs de
la ville d’Annaba, des fournisseurs, des bouchers, l’APC…
Un moniteur anglais a mis en contact le centre avec une organisation de bienfaisance
qui a envoyé une voiture, des vêtements…Cuba a fourni du sucre par petits bateaux…
Constatons également que le centre de BOUHDID gérait sous sa coupe un verger de
quarante-cinq hectares composé d’arbres fruitiers pour les desserts des enfants. Il
existait dix-sept vaches laitières avec des veaux pour les besoins des enfants…
En 1967 par décision du wali, furent cédés le verger, les vaches laitières le matériel
agricole à la coopérative des anciens moudjahidine.

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