Par OULHASSI Mohamed
| Ramaphosain 2022 |
| 5th President of South Africa |
L’Algérie, après une attente qui a duré un bon bout de temps et divers voyages du Président Tebboune dans les principaux pays qui forment le BRICS, dont la Russie et la Chine, a enfin vue le résultat du vote qui n’est autre est que sa candidature fut rejetée malgré sa puissance énergétique et sa position géographique.
Ainsi, dès le 1er janvier 2024 l’Iran, l’Argentine, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Ethiopie et l’Egypterejoindront la communauté composée du Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud)
L’Algérie qui s’est, donc, portée candidate pour intégrer ce cercle a vu sa candidature refusée ou reportée. Une quarantaine de pays étaient sur cette liste, selon une information de l’Agence France-Presse. Cette récente adhésion marque pour la communauté des BRICS la volonté pour ces pays émergents de bâtir un équilibre face, entre autres, à des modèles superpuissants tels que les États-Unis. Sauf changement, l’organisation devrait conserver l’abréviation BRICS faisant référence aux pays fondateurs.
Les nouveaux entrants ont gaiement répondu à cette acceptation au sein des BRICS. L’Argentine, le deuxième pays d’Amérique du Sud a ainsi rattrapéla table, après le Brésil en 2009. «C’est une nouvelle étape dans la consolidation du pays fraternel et ouvert au monde que nous rêvons toujours d’être. Nous sommes face à une grande opportunité pour nous renforcer», a annoncé le président Alberto Fernández.
L’Egypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, trois pays arabes, ont également rejoint l’alliance.Enfin, l’on retrouve en bonne position, avec l’Afrique du Sud un autre pays d’Afrique qui n’est autre que l’Ethiopie mais aussi l’Iran, autre pays asiatique.
Etant donné la difficulté de donner des interprétations sur le vote effectué pour les nouvelles adhésions à la communauté des BRICS, il nous a apparu très utile de joindre cette analyse très sérieuse à notre article.
Selon le chef d’Etat sud-africain, la porte de l’adhésion reste ouverte pour de nouveaux membres en 2024 au sommet des BRICS+ prévu en Russie.
“Nous avons chargé nos Ministres des Affaires étrangères de développer davantage le modèle de pays partenaires des BRICS, ainsi qu’une liste de pays partenaires potentiels et un rapport d’ici le prochain sommet”, a-t-il dit, soulignant que le sommet a accueilli “des dirigeants d’Afrique et du Sud Global dans le cadre de la sensibilisation BRICS-Afrique et du dialogue BRICS+.”
Pour M. Ramaphosa “Grâce à ce sommet, les BRICS ont entamé un nouveau chapitre dans leurs efforts pour construire un monde juste, un monde qui soit également inclusif et prospère.”
La veille, l’Afrique du Sud avait annoncé que tous les pays membres s’étaient accordés sur le principe d’une expansion. Au total, une quarantaine de pays dont l’Algérie avaient demandé leur adhésion ou manifesté leur intérêt.
En dépit des réticences de l’Inde, la question de l’élargissement du groupe a été finalement retenu mercredi 23 aout par les cinq pays membres lors de la plénière mais aucun critère n’ a été fixé pour les adhésions, ce qui dénote que les choix des nouveaux pensionnaires des BRICS reposait sur des fondements extra économiques.
“Nous sommes surpris de constater que le sommet a choisi de nouveaux membres sans fixer les critères économiques d’adhésion “, a affirmé au Jeune Indépendant Paul Llado, directeur du Radio Africa Group basée au Kenya dont le pays était candidat aux BRICS.
“Nous nous attendions à ce que le sommet établisse la liste des critères d’adhésion, ce qui signifie que les nouveaux venus aux BRICS ont été sélectionnés bien avant le rendez-vous de Johannesburg”, a déclaré de son côté Ernest Ofori-Atta, un expert économique ghanéen ayant pris au forum des affaires qui s’est tenu dans le centre de conventions de Gallagher à Johannesburg.
L’acceptation de la demande de l’Egypte qui fait face à une grave crise économique ayant donné lieu à crise alimentaire sans précèdent dans le pays a été préférée à l’Algérie, ce qui donne à penser que le choix des adhésions est plutôt politique.
Le choix de l’Ethiopie s’explique par les vastes investissements effectués par la Chine dans ce pays de la corne de l’Afrique notamment l’obtention des terres agricoles pour des concessions d’une durée de 99 ans. Ce qui fait ce pays un acteur clef pour la Chine en Afrique de l’Est.
L’adhésion de l’Arabie Saoudite, des Emirats arabes Unis et de l’Iran repose sur un choix d’une portée stratégique compte tenu du fait que la Chine s’est engagée dans la région du Moyen-Orient et du Golfe qui constituait jusqu’à lors une chasse gardée des Etats-Unis.
Cela d’autant que la Chine a été l’architecte de la réconciliation entre l’Iran et l’Arabie Saoudite suivie par l’annonce de vastes projets d’investissement qui seront menés par la Chine dans ces deux pays.
La Chine prévoit d’investir un total de 400 milliards de dollars sur 25 ans en Iran et 60 milliards de dollars en Arabie Saoudite.
Crée en 2009, le groupe des BRICS était un rassemblement à vocation économique avant de se transformer en une alliance politique dans laquelle la Chine pèsera de son poids dans sa guerre de positionnement stratégique face aux Etats-Unis.

