Par OULHASSI Mohamed
Les fruits sont intouchables. Les légumes empruntent la même voie. La rareté, triste loi de la nature, y est pour beaucoup. Reflet d’une destruction qui s’est prolongée juste dans l’organisation sociale de la paysannerie, elle continue irrémédiablement à marquer de son empreinte toutes les places commerciales que compte le marché agricole La ville est malade de sa campagne. Le citadin ne trouve plus à manger ou ce qu’il mange lui coute son revenu.
Le destin de la campagne n’est pas meilleur La vie des champs et la destinée du fellah nous entraine dans une profonde mélancolie. Qu’il est triste de consumer sa vie et sa force à attendre une décision sans appel pour la remise sur rail de ce secteur ! La fécondité des terres si généreuses a cessé d’enrichir les hommes. La seule récompense du dur labeur est d’être occupé dans un monde où le chômage déploie ses tentacules à toutes les activités
Le fellahest accablé, malheureux. Il subit dans sa peine les contrecoups de la faillite de ses partenaires. Les sols qu’il fertilisait ne seront plus comme avant. Les produits qu’il fertilisait déjà à fort prix ont été augmentés. Et les achèterait-il à ce prix, que la spirale des augmentations se fera-t-elle ressentir sur le consommateur Triste réalité que celle vécue par l’algérien !
Jouir de la beauté de la campagne n’est plus le fort du paysan. Accablé, effrayé de l’avenir, il attend sans trop y croire sa piteuse récolte. Rendu responsable de décisions que d’autres ont pourtant prises à son insu, il ne trouve pour sa défense que sa propre foi en la vérité. C’est de sa propre organisation que dépend son existence et par-delà toute restriction, du bonheur de la campagne.
C’est dans la liberté de l’exercice de son travail qu’il transformera lanature que Dieu a fait belle et toujours jeune et que, de nouveau, il appréciera la beauté qui l’entoure et qu’il chantera – comme il sait si bien le faire- les charmes de la campagne.
Alors, au lieu de la piteuse récolte, qu’il attend chaque année, la terre le récompensera de ses laborieux efforts et donnera le sourire à tous les algériens.

