Par Achour OUFELLA.
Comme à chaque début de rentrée des classes, c’est la ruée pour des milliers de familles algériennes vers les activités périscolaires. Davantage encore pour les cours de soutien qui accaparent les parents accompagnant leur progéniture, que pour le reste des disciplines sportives ou artistiques.
Dans ce climat ambiant, personne ne remet en cause l’utilité de cette option, prise très au sérieux. Lorsque l’on interroge sur sa finalité, la réponse la mieux partagée est celle-ci : légitime et à même de libérer le potentiel des élèves qui en ont besoin. Pour certains interlocuteurs, il restedifficile de savoir si les performances scolaires de tous, s’en sont trouvées améliorées. La question occupe de plus en plus le débat public.
Le recours à cette pratique concerne presque toutes les catégories sociales, tous les paliers académiques, et à fortiori les groupes favorisés, au profit des enfants socialement pourvus. Au fil des années, ce business a connu un essor certain, en ayant temporairement reflué pendant la crise due au Covid (2020). Depuis, les choses se sont améliorées. Il n’en reste pas moins que le domaine échappe à toute évaluation financière comme économique, en l’absence de statistiques officielles. Notamment en ce qui concerne les horaires, les deniers consacrés et le respect des obligations qui s’y attachent.
Non sans inquiétude, c’est de plus en plus tôt dans l’année, que les foyers impliqués se prononcent pour meubler les soirées de leurs adolescents. L’enjeu devient crucial,dès lors arrivés au collège ou au lycée : ces activités permettent de combler les lacunes entraînées par les heures de cours non remplacées dans les établissements scolaires ou de rattraper des notions qui n’avaient pas été vues. D’ordinaire, on leur réserve des heures de soutien, en math, en français et en anglais, avec pour principaux objectifs, le BEM ou le BAC.
Dans les milieux aisés et urbains, on se file des contacts. Les noms de profs jouissant de notoriétés circulent un peu partout. Moyennant l’entregent et parfois la chance, certains parents nantis,réussissent souvent l’approche. D’ailleurs, ils ne font pas mystère de leurs ambitions : avec les cours particuliers à domicile, ils visent l’excellence car leurs rejetons sont déjà de ‘‘très bons élèves’’.
Au regard des emplois de temps chargés, on craint le danger de l’épuisement et la perte d’autonomie de nos enfants. Est-ce la marchandisation de l’éducation en marche ces dernières années comme on serait porté de le croire ?
Beaucoup font encore confiance à l’école publique.

