par Achour OUFELLA.
Aujourd’hui et toujours, la clim ancrée dans nos mœurs, est jugée insuffisamment vertueuse sur le plan environnemental. Mais les torpeurs estivales ne nous font pas lâcher prise… Sans pour autant, écarter les souvenirs d’une certaine époque où l’on vivait plutôt bien, avec de simples brasseurs d’air : ventilateurs au plafond ou mobiles.à
Face aux vagues de chaleur à répétition, la climatisation est devenue un tropisme. (“Le réflexe à ne pas banaliser“, selon les experts qui mettent en garde sur les risques d’une généralisation massive: réchauffement des villes, émissions de gaz à effet de serre). A l’image des populations universelles, comme de nos concitoyens exposés au stress thermique, qui sont de plus en plus nombreux à se donner les moyens pour s’équiper de climatiseurs.
En zones urbaines denses déjà surchauffées durant les périodes de canicules, les climatiseurs poussent à l’élévation de la température dans les rues, en refoulant la chaleur au-dehors. Ce à quoi il faut ajouter les nuisances sonores et visuelles. Les conséquences sont marginales, en comparaison des quantités de gaz générées à l’échelle mondiale. C’est dire la place symbolique que prend cette technologie dans les débats, à l’heure de l’urgence climatique. Il ne faut pas verser dans l’optimisme, car il reste de nombreuses incertitudes sur la façon dont les ménages et les entreprises utilisent la climatisation et par-là l’évolution de la consommation. Et voir ensuite à quel point la sobriété a été adoptée.
Or, des professionnels, alertent sur des inégalités : en matière d’habitat, les personnes logeant en appartement ressentent davantage la chaleur que ceux habitant en maison. A ce titre, la réglementation progresse : les logements neufs imposent de prendre en compte le confort d’été dans la conception. En premier chef, le plus efficace est de stopper le rayonnement solaire. La recette : des arbres, une orientation du bâtiment et des protections (auvents, brise-soleil).
Chaque année, dans le monde, la chaleur tue des milliers de personnes en période de canicule. Que ce soit en milieux d’accueil ou ailleurs. A ce niveau, l’accès à la climatisation n’est plus une question d’agrément mais de survie.
Les plus nantis jugent trop souvent au travers du prisme de leurs normes, de leurs aspirations. … Jusqu’à disposer d’un parc de stades climatisés pour de grandes mais éphémères joutes footballistiques. Des infrastructures surdimensionnées dont on ne saura jamais quoi faire, une fois passé, l’effet d’affiche.
.

