Il y a soixante-cinq ans, le 13 février 1960, la France procédait à son tout premier essai nucléaire dans le Sahara algérien. Une série d’autres essais se sont poursuivis jusqu’en 1966 avant qu’ils ne soient délocalisés en Polynésie. Aujourd’hui, cela reste l’un des nombreux contentieux qui demeurent entre Paris et Alger, qui exige la décontamination des sites concernés. Un colloque est organisé ce jeudi 13 février au Parlement algérien sur cette question. Benjamin Stora, coprésident de la Commission franco-algérienne d’historiens chargée de travailler sur la colonisation et la guerre d’Algérie, est l’invité d’Afrique midi. Son dernier ouvrage, L’Algérie en guerre (1954-1962). Un historien dans le torrent des images, a été publié aux éditions de L’Archipel en 2024.
Par OULHASSI Mohamed
La France a procédé à un total de 17 essais nucléaires au Sahara algérien entre le 13 février 1960 et le 16 février 1966, sur les sites de Reggane puis d’In Ekker.
Soixante ans après le premier essai nucléaire de la France, le 13 février 1960, dans le Sahara, l’environnement reste atteint. Les populations s’interrogent sur certaines maladies et les déchets toujours enfouis. Généralement, il n’est retenu que le « Hourra » du général de Gaulle prononcé à la suite de la détonation du premier dispositif nucléaire français
Cette explosion est la première d’une série de 17 (4 atmosphériques et 13 souterraines) dans le Sahara Une terre qui sera à la fois une colonie française et un État indépendant.. L’Algérie est ainsi le seul État au monde qui fut à la fois un territoire colonisé et indépendant, dans lequel se réalisèrent des essais nucléaires par son colonisateur.
Les quatre premiers essais sont aériens, la charge explosive étant soit fixée en haut d’un mât métallique, soit au sol
Les deux tirs suivants, Gerboises «blanche» et «rouge», d’une puissance réduite à 5 kilotonnes, ont lieu les 1er et 27 avril de la même année
Réalisée au plus fort de la guerre d’indépendance de l’Algérie (1954-1962), cette première série, nom de code « Gerboise », a lieu à une cinquantaine de kilomètres de la petite ville algérienne de Reggane, alors en territoire français.
Les quatre premiers essais sont aériens, la charge explosive étant soit fixée en haut d’un mât métallique, soit au sol.
Située à 1.200 km à vol d’oiseau d’Alger, Reggane a été choisie en juillet 1957 pour servir de « base-vie » aux personnels civils et militaires qui participent au programme nucléaire.
Une cité souterraine où travaillent 6 000 à 7 000 personnes a été construite dans les contreforts d’une vallée proche de la ville et à 40 km environ du polygone d’expériences de Hamoudia, abritant le PC atomique d’où la mise à feu sera télécommandée, à 15 km environ de la bombe de type A.Le tir du 13 février 1960, baptisé « Gerboise bleue », lance la première bombe atomique française au plutonium, d’une puissance de 60 à 70 kilotonnes (près de 4 fois celle d’Hiroshima), qui fera de la France la 4e puissance nucléaire mondiale.
Les deux tirs suivants, Gerboises « blanche » et « rouge », d’une puissance réduite à 5 kilotonnes, ont lieu les 1er et 27 avril de la même année.
Le quatrième tir, Gerboise « verte » — 5 kilotonnes également — est déclenché en urgence le 25 avril 1961, dans un climat politique tendu par la tentative de putsch de généraux français à Alger.
Les 13 essais suivants sont souterrains, au fond de tunnels creusés dans la montagne à In Ekker, en bordure du massif du Hoggar, pour limiter la dispersion de particules radioactives dans l’atmosphère.
Après l’indépendance de l’Algérie, en 1962, les essais français se sont poursuivis au Sahara en vertu d’un accord secret. Le dernier, Grenat — moins de 20 kt –, a eu lieu le 16 février 1966.
Le 1er mai 1962, lors de l’essai Béryl, un nuage radioactif s’échappe de la galerie de tir insuffisamment confinée.
L’agence de presse officielle algérienne APS chiffrait en 2012 à au moins 30 000 le nombre de victimes algériennes de ces essais, atteintes de maladies radio-induites.
Pour les spécialistes du nucléaire, ces 17 essais sahariens ont permis aux techniciens du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et aux militaires de mettre au point la bombe au plutonium équipant les Mirage IV de première génération de la force de dissuasion française.
Aujourd’hui, les autorités algériennes demandent à la France de leur remettre la liste complète des lieux d’enfouissement des matériaux radioactifs et de nettoyer les
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