Le secteur industriel public en Algérie en souffrance.

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Par MOHAMED lakhdar Ex cadre dirigeant de l’industrie lourde
Plus de 50 % du secteur industriel public en Algérie sont à l’arrêt, chiffre arrêté en mai 2024.
Est-il nécessaire de les relancer comme affiché par le ministère de l’industrie, la grande question est la et la réponse ne peut être que oui et clarifiée par l’installation d’un groupe compétent et expérimenté pour mener une étude minutieuse sur ces entreprises et fixer les délais et les dispositions prises, selon plusieurs options présentées suivant une logique purement économique.
Quelles sont les principales causes de l’échec du secteur public dans le pays ?
Cette question a été posée à un ex cadre dirigeant dans une entreprise publique et son avis sur l’échec s’est résumé comme suit :
La difficulté de gérer plusieurs groupes d’entreprises, dont chacune compte de 4 à 5 usines, par un seul PDG.
La gestion centralisée.
Le non soutien du secteur industriel public qui a subi un coup dur par le passé, en raison de l’ouverture des importations au détriment du produit local.
Le caractère social qui a dominé le caractère économique.

Les règles du syndicalisme qui sort de la vision économique dominées et utilisées par la majorité de simples employés.
Toutes ces causes énumérées ci-dessus se caractérisent par le niveau d’éducation qui reste faible.
L’économie Algérienne a-t-elle bénéficié essentiellement des qualités de la main-d’œuvre et des atouts de ces cadres et dirigeants compétents ?
L’exemple concret est celui de la chine qui a inscrit dans son développement économique la formation de ses élites en misant sur un niveau d’éducation élevé. Cela se traduit par des universités de plus en plus reconnues, et un niveau général d’éducation qui ne cesse de croître. En cela, Pékin s’inspire de la trajectoire suivie par les autres puissances économiques de la région, du Japon à Taiwan, en passant par la Corée du Sud, qui ont tous fait de l’éducation une de leurs priorités de développement.
A l’occasion d’un échange récent avec Stan Shih, fondateur d’Acer, et l’un des principaux acteurs de l’économie taiwanaise, ce dernier m’indiquait que la clef de la réussite de Taiwan, qui tient sur l’innovation technologique, se trouve dans le très haut niveau d’éducation. Il en a fait la pierre angulaire de son héritage économique et intellectuel. Cet exemple n’est pas anodin, quand on sait l’influence que Stan Shih a du haut de ses 80 ans à Taiwan, mais aussi en Chine.
On pense aussi à la trajectoire de Singapour, qui a fortement inspiré les dirigeants chinois, et qui s’est appuyée sur une éducation performante pour atteindre le niveau d’excellence qui est aujourd’hui le sien. Il n’y a donc pas d’exception chinoise, mais compte-tenu de l’importance de sa population, cela a un impact très fort, avec un pays qui est désormais à la pointe de nombreuses technologies.
On oublie ainsi souvent de mentionner que si le Japon fut pendant des décennies le pays qui homologuait le plus grand nombre de brevets chaque année, c’est désormais la Chine qui a l’avantage dans ce domaine. Si la Chine reste l’usine du monde, elle est désormais capable de produire des technologies capables de rivaliser avec ce qui se fait de mieux, et cela est le résultat de politiques éducatives performantes, en plus d’investissements massifs en recherche et développement
Pour une reprise réussie de notre économie algérienne, il est également souhaitable de capitaliser sur l’expérience des autres pour définir un plan de bataille prenant en compte les points forts et les points faibles du dispositif  sur l’ensemble des dimensions économiques (culture, organisation, processus, méthodes, outils,). Ce plan sera partagé avec l’ensemble pour un véritable évènement catalyseur de remobilisation.
Il faut, cependant tenir compte du cas de l’industrie algéienne qui, malgré tous les problèmes et insuffisances, a pu s »en sortir quelque peu en réalisant des affermissements, Ainsi, durant ces dernières années, des indicateurs économiques du secteur public industriel algérien affichent des signaux engageants. Selon le dernier bulletin de l’Office national des statistiques (ONS), publié sur son site web, la production industrielle publique a enregistré une progression notable de 3,2% au troisième trimestre 2024, comparativement à la même période de l’année précédente. Cette performance témoigne d’une dynamique de croissance qui se confirme dans le secteur public national.
En effet, sur les neuf premiers mois de 2024, la production industrielle dans le secteur public s’est amélioré de 3,3%,. Cette évolution globale masque toutefois des disparités entre différents secteurs d’activité. Durant le troisième trimestre de 2024, certains secteurs ont enregistré des performances positives, tandis que d’autres ont connu des reculs significatifs.
Ainsi, les secteurs de l’énergie, des mines et carrières, et des matériaux de construction de croissances de 4,8%, 6,3% et 6,3%. Bien que ces chiffres soient jugés « appréciables », l’ONS note qu’ils sont en retrait par rapport aux niveaux atteints à la même période en 2023, qui étaient respectivement de 7,6%, 12,8% et 10,5%.
Dans le domaine des industries chimiques, une nette reprise est observée, avec une hausse de la production de 14,9% au troisième trimestre 2024. À l’inverse, certaines filières peinent à maintenir leur dynamisme. Les industries sidérurgiques, métalliques, mécaniques, électriques et électroniques enregistrent une nouvelle contraction de 2,1% entre juillet et septembre 2024, après une croissance notable de 16% sur la même période en 2023.
La filière des industries du bois subit un deuxième trimestre consécutif de recul Quant à la production dans le secteur des hydrocarbures disons qu’elle reste stable, avec un léger repli de 0,7% par rapport à l’année précédente. Enfin, les industries agroalimentaires,progressent timidement avec une croissance marginale de 0,1% au cours du troisième trimestre.
Ainsi, la production industrielle publique continue de montrer une tendance globale à la hausse. Toutefois, le secteur fait face à des défis structurels importants, liés notamment à son organisation et à sa gestion.
Les réformes projetées s’inscrivent dans la relance de l’industrie nationale Alors que la machine industrielle nationale retrouve progressivement un rythme de croissance, sa contribution au PIB est désormais proche de 6%, contre seulement 3% auparavant.

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