LES MASSACRES du 10 juins 1956 de OUED SAOUDEN (Mont des Beni Salah) à Hammam Béni Salah

attestation remise au fils de chahid par le colon prouvant la mort de son père par l’armée française
Par OULHASSI Mohamed
Soixante-dix ans après le déclenchement de la guerre de libération, le 1er Novembre 1954, la commémoration de cet évènement vient rappeler les massacres, les tortures et les viols collectifs commis par l’armée française durant l’occupation. Les archives officielles de la guerre d’Algérie ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles.
.Voilà quelques extraits: Le 1er novembre 1954, une poignée de militants nationalistes, partisans de l’action directe, déclenche la révolution. Une trentaine d’attentats commis à travers tout le territoire algérien. Une organisation jusque-là inconnue, le Front de libération nationale (FLN) revendique ces opérations. Un an plus tard, la stratégie du FLN porte ses fruits. La répression aveugle, destinée à briser la rébellion, le refus obstiné de toute réforme par les Européens d’Algérie, ont poussé des milliers d’Algériens à rejoindre le maquis. Pour les contrer, la France bat le rappel des troupes: près de 400.000 appelés sont mobilisés pour quadriller le bled, en appui des paras et des légionnaires chargés de poursuivre les moudjahidines. La guerre a commencé.
L’heure est à la décolonisation un peu partout dans le monde. Ceux que l’on appelle alors les « indigènes » aspirent à mettre fin à 132 ans de colonisation française.
Mais la France ne l’entend pas de cette oreille. Avec plus d’un million d’Européens installés (pour environ 9 millions d’autochtones), l’Algérie est la seule colonie de peuplement de l’empire colonial français. C’est aussi une terre riche en pétrole et en gaz. À partir de 1956, le gouvernement de Guy Mollet décide de recourir à l’armée pour maintenir l’ordre dans ce territoire. Au total, 1,5 million de jeunes appelés français seront envoyés en Algérie pour affronter les fellaghas, ces combattants algériens ayant pris le maquis.
Le jeune Khemmal Abdellah témoin des premières heures du militantisme de son père.
C’est dans cette mobilité spéciale et cette descente aux enfers que les algériens, en plus de la vie de misère qu’ils mènent ont commencé à vivre les « évènements » de la guerre de libération L’année 1956, particulièrement l’été à Bouchegouf, est considérée comme une année de montée des évènements de la guerre de libération La France a commencé à se renforcer en hommes et équipements militaires devant les frappes des moudjahidine qui lui faisaient de plus en plus mal.
Il ne resta à la rance que le recours aux moyens les plus durs pour arrêter les algériens dans leurs combats. Tout est employé pour les immobiliser : et la torture et les tueries sont les moyens les plus employés
C’est ainsi qu’en ce jour du10juin1956, dans le but d’apeurer les citoyens, la France a envoyé ses forces militaires là où elle pouvait mettre la main sur ces militants. Trente-neuf combattants de la première heure furent arrêtés et, enchainés. ils passèrent deux jours à l’école de Pont de Bouchegouf sans boire, ni manger et ligotés en plein soleil d’été. Plus tard, le 13 juin 1956, ils furent transportés dans des wagons à bestiaux puis des camions vers leur destinée.
Monsieur Khemmal Abdellah se souvient de l’endroit où furent tués ces Chouhada dont son père Nouar, les frères OULHASSI (Ali et DJELLOUL) Malki M’HAMED et boukef Boulares .Il n’a pas pu se rappeler des autres martyrs qui sont originaires d’autres régions.
Tous ces martyrs au nombre de 39 furent abandonnés au même lieu avec l’espoir que les moudjahidine viennent les enterrer et, ainsi, pouvoir les surprendre. Les moudjahidine étant informés du stratagème de la soldatesque française n’ont pas intervenu. C’est ainsi que tous ces cadavres furent dévorés par des animaux sauvages et n’eurent, donc, pas droit à des tombes.
Notons que parmi les morts de Pont Bouchegouf, il y eut plusieurs qui furent victimes d’une dénonciatrice et de son fils qu’on dissimulera ici les noms. Le fils de la dénonciatrice qui collaborait avec sa mère dans sa traitrise a été abattu par les combattants du FLN.
Le Général Paul Aussaresses. Militaire de carrière, spécialiste du renseignement (SDECE) ,reconnaît avoir torturé et exécuté des prisonniers FLN (Front de libération national) pendant la « guerre d’Algérie », entre 1955 et 1957, sous les ordres de généraux (Bigeard, Massu), eux-mêmes sous les ordres, selon lui, de ministres « parisiens » (Guy Mollet, Max Lejeune), où ceux-ci étant informés et complices, selon lui (notamment M. François Mitterrand). Ce dernier , ministre de la Justice du gouvernement socialiste de Guy Mollet, a « créé les conditions légales de la torture » en Algérie ».
Jacques Attali, ancien conseiller de Mitterrand à l’Elysée, assure que le président a reconnu devant lui « avoir fait une erreur sur l’Algérie, quand il a, comme garde des Sceaux, proposé la loi qui est devenu la loi de mars 1956 qui donnait tous les pouvoirs aux militaires en matière de justice » sur le sol algérien. Le général Schmitt , le chef d’état-major des armées entre 1987 et 1991 ,aurait-il participé à des séances de torture, en 1957, aux pires heures de la bataille d’Alger ?
Dernière manifestation publique en date de la résurgence du débat sur la guerre d’Algérie, le général Maurice Schmitt,, est désigné par une femme algérienne, ancienne combattante du FLN, comme l’un des officiers qui, en août 1957, donnaient des ordres aux soldats qui l’ont violentée et humiliée pour la faire parler. Le témoignage en question a été recueilli par un reporter de France 3, Jean-Yves Serrand, pour un magazine « Pièces à conviction » consacré à la torture en Algérie.France 3 a diffusé, un extrait du reportage dans son journal.
De son côté, Le Monde a joint par téléphone à Alger, Malika Koriche, l’ancienne moudjahida , qui évoque, « pour que la vérité soit connue », son parcours depuis cet après-midi du 7 août 1957, où elle a été interpellée par des parachutistes et conduite à l’école Sarouy, située à proximité de la casbah d’Alger.
Sarkozy : » La France n’a pas à se repentir »
nous ne terminerons pas notre article sans citer l’ex président Sarkosy qui fanfaronnait dans un entretien au quotidien Nice Matin ou il a répété que la France ne pouvait pas » se repentir d’avoir conduit » la guerre d’Algérie, même si les » abus » et les » atrocités » commis de part et d’autre pendant ce conflit devaient être » condamnés « . » Il y a eu des abus « , commis pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), a déclaré Nicolas Sarkozy. » Des atrocités ont été commises de part et d’autre. Ces abus, ces atrocités ont été et doivent être condamnés, mais la France ne peut pas se repentir d’avoir conduit cette guerre « , ajoute-t-il. La France ne peut pas être coupable de tout et de son contraire. La France assume son Histoire, c’est tout « , poursuit Nicolas Sarkozy. En mettant ainsi sur le même pied d’égalité les victimes algériennes et les bourreaux français, le président Français prend ainsi le risque d’une nouvelle brouille avec l’Algérie.

