Du combat de l’Emir Abdelkader Au premier Novembre 1954

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Par OULHASSI Mohamed, fils de chahid
La conquete de l’Algérie connut les pires exactions dont les français furent les fidèles exécutants. Parmi tous les excès, les enfumades de populations entières avec ovins et bovins. La brutalité dont ont fait montre les français avait pour premier chef Thomas Robert Bugeaud qui était d’une férocité inouïe. C’est pour dire que les français ne sont pas passés par quatre chemins pour « nous civiliser ». D’ailleurs, le Maréchal agira avec une grande horreur pour « conquérir l’Algérie »
Ces agissements inclurent d’épouvantables conduites ayant entrainé la mort de centaines de milliers d’hommes et de femmes.la France n’a pas lésiné sur les moyens pour abattre et anéantir tout ce qui est debout. La conquête ne s’embarrassa pas de l’emploi de tout ce qui peut donner la mort le plus férocement possible. Ce fut l’une des rares guerres ou des corps humains n’eurent pas de sépultures.
Cela sera l’empreinte indélébile des tueurs français tout autant pour la période de la conquête que de ^celle de la guerre de libération. Les morts ayant jalonné les périodes de la conquête et celles de la guerre de libération dépassent bien les cinq millions et demi de martyrs. L’histoire de l’Algérie a toujours connu ces milliers d’orphelins, et de veuves qui représentaient le point culminant des batailles engagées avec les autochtones qui défendaient leurs terres et leurs biens. A l’indépendance, en 1962, il y eut les initiateurs des centres d’enfants de chouhada au vu des milliers d’orphelins qui manquaient de tout
Machaal El Chahid célèbre les initiateurs des centres d’enfants de chouhada Cette association Machaal El Chahid a célébré des moudjahidine qui s’étaient engagés dans la création de centres d’accueil des fils et filles de chouhada. Qu’il semble être loin le temps des premières années de l’indépendance ! C’est par pure coïncidence que le sujet qui va être abordé dans cette chronique va déboucher sur une multitude de questions toutes aussi importantes les unes que les autres mais qui, en réalité, sont empêtrées dans le même moule qui les a vu naitre. En effet, la personne qui va nous confier ses souvenirs sur les orphelins de la guerre d’indépendance a choisi volontairement d’aborder cette question par, d’abord, le déclenchement de la révolution à Bouchegouf et ensuite, le récit des premières prises en charge des fils et filles de chouhada à Annaba lors du recouvrement de la liberté.
Le personnage, d’un âge avancé, maitrise, comme si cela datait d’hier, tous les souvenirs qui marquaient les grands évènements qu’a vécu notre pays. « Ecoutez, je vais essayer d’être fidèle à mes souvenirs mais je vous prie de ne pas dévoiler mon nom ; je préfère rester dans l’ombre, j’estime que je dois commencer mon récit par le début de la révolution. Les fils de Chouhada n’ont pas émergés de l’ombre ; ils constituent la réminiscence de tous ceux qui sont tombés au champ d’honneur, pour leur majorité, à la fleur de l’âge »
Pour Machala Chahid la cérémonie,  a eu lieu lors du forum d’El Moudjahid, et vient clôturer une semaine culturelle organisée à l’occasion de la journée du Chahid, célébrée le 18 février. M. Mohamed Kechoud, ancien ministre et moudjahid, honoré par l’association, est intervenu pour évoquer les « circonstances de la création de ces centres au lendemain de l’indépendance ». « Nous étions face à l’immense défi de prendre en charge plus de 400 000 enfants de chahids et 200 000 veuves qui étaient dans le besoin de travailler et d’être abritées dans des conditions décentes ».

Nous avons pu créer plusieurs centres à travers le pays, dont le premier a ouvert ses portes à Constantine et dont j’étais le directeur, et qu’avait accueilli plus de 700 filles et fils de martyrs », a indiqué M. Kechoud. Et de rappeler « les conditions difficiles » dans la mise sur pied de ces centres, notamment dans les aspects liés à la nourriture, les habits, la literie…. « Nous avons dû solliciter l’aide du Croissant rouge algérien qui, de son côté, est entré en contact avec ses homologues arabes et de pays amis. Grâce au CRA, nous avons pu recevoir des milliers de colis pour nos enfants », a-t-il ajouté, non sans rappeler l’aide précieuse de l’Armée nationale populaire. Autre invité de marque de cet événement, le cheikh Tahar Ait Aldjet, un savant et un érudit, qui a été honoré lors de cette émouvante cérémonie.
« La guerre de libération nationale n’a pas uniquement libéré notre pays, mais elle a aussi permis aux pays voisins, la Tunisie et le Maroc, de s’affranchir définitivement de l’occupant français. » La cérémonie, qui a été entamée par la lecture de la Fatiha et l’hymne national, a vu également la présence de « Khalti Fafa », une moudjahida parmi les premières enseignantes du centre pour enfants de chouhadas de Dély Ibrahim.

Les premiers centres d’enfants de chouhada, à l’indépendance
« recueil du texte dans internet
Alors que l’Algérie venait juste de sortir de la longue nuit coloniale, le commandement de la Wilaya III historique, à sa tête le colonel Mohand Oulhadj, s’est d’emblée intéressé à la prise en charge des enfants des martyrs. Ainsi, la décision fut prise de transformer les anciennes administrations coloniales en centres d’accueil de ces orphelins, dont certains des deux parents, à l’effet de leur assurer une scolarité, leurs familles n’étant pas en mesure d’assurer cette mission loin d’être facile au vu de leur précarité sociale durant cette période marquée par la misère et les profondes séquelles de la guerre.
Beaucoup d’enfants de chouhada se sont retrouvés dans ces centres scolaires disséminés à travers la région de Tizi Ouzou, et ce à l’initiative du colonel Mohand Oulhadj, dit «Amghar», connu pour sa sagesse légendaire, les cadres de la Wilaya III historique ayant fait de la prise en charge de cette frange juvénile martyrisée par la perte de leurs parents, une des priorités de l’Algérie indépendante.
Dans ce sens, cinq centres d’enfants de chouhada ont été ouverts dans les localités de Mekla, Larbaâ Nath Irathen, Boukhalfa, Oued Aïssi et Aghribs, selon des témoignages recueillis auprès d’anciens élèves de ces centres, lors d’une cérémonie en leur honneur organisée le 25 mars dernier au centre d’enfants de chouhada d’Aghribs, à l’initiative de l’Association des fils et filles de chahid (pupilles de la nation), que préside Meziane Djouzi, lui-même ancien pensionnaire de ce dernier centre, et la collaboration des directions des moudjahidine, du musée régional du Moujahid de Tizi Ouzou et des directions de l’école primaire Aït-Lounis et le CEM Amar-Ameur, qui sont installés sur le même site.
De fortes sensations ont été ressenties, lors de ces belles retrouvailles entre les anciens pensionnaires et certains de leurs moniteurs, à l’image du journaliste de la Chaîne III et du quotidien Liberté, Mohamed Haouchine, qui y avait enseigné en 1969. Ce dernier a témoigné avec une très forte émotion sur les moments qu’il avait passés avec les anciens élèves de ce centre, dont «beaucoup ont réussi dans leur carrière socioprofessionnelle, aussi bien ici en Algérie que partout ailleurs à l’étranger». «Après que nous avons perdu nos pères, dont certains les deux parents, nous avions été arrachés à nos familles et privés de leur affection pour une bonne cause : celle de bénéficier d’une bonne instruction pour continuer le combat de nos parents martyrs, qui consistait en la reconstruction de notre cher pays», a témoigné, non sans se laisser envahir par une profonde émotion, le président de l’Association des fils et filles de chahid pupilles de la nation, Meziane Djouzi, véritable cheville ouvrière de ces belles retrouvailles des anciens élèves des centres d’enfants de chouhada du centre d’Aghribs, une ancienne caserne de l’armée coloniale où l’on retrouve encore des traces des tortures que subissaient les militants et combattants. Des guérites de surveillance, une cave où restent toujours suspendus au mur les objets de torture, ainsi qu’une tour servant de base à une artillerie lourde avec laquelle on bombardait les maquis faisant face à cette caserne, sont toujours là pour perpétrer le douloureux souvenir des exactions de l’armée coloniale contre les populations. Lors d’une visite guidée dans cette sinistre cave ayant fait office de prison où l’en torturait jusqu’à la mort, d’anciens élèves de ces centres n’ont pas pu retenir leurs larmes. Outre ces retrouvailles chaleureuses et émouvantes, cette louable initiative aura servi de courroie de transmission générationnelle des souffrances du peuple algérien durant les 132 ans de colonisation et des sacrifices de 1,5 million de martyrs. Ce travail de préservation et de perpétuation de la mémoire glorieuse de nos valeureux et vaillants martyrs et moudjahidine est l’objectif de cette rencontre conviviale entre les anciens pensionnaires de cet ancien centre scolaire venus des quatre coins de la wilaya et d’autres wilayas pour se rencontrer et se remémorer leur passé, près d’un demi-siècle après sa fermeture en 1972. Ce retour dans le passé n’a pas laissé indifférent Achour Ouamara. Retenant difficilement ses larmes, il nous indiqua les bâtisses ayant fait office de réfectoire, l’internat et les salles de cours.
L’ancien pensionnaire de ce centre, en compagnie de son frère aîné, actuellement professeur de sociologie, s’est laissé envahir par de lointains souvenirs de ses premiers jours dans ce centre, loin de sa famille, particulièrement sa maman, lui qui n’avait que cinq ou six ans.
La tendresse que lui avait toujours témoignée une fonctionnaire de ce centre a fini par l’aider à s’adapter à cette nouvelle vie loin de sa famille et de son hameau, Tifilkout, dans la daïra d’Iferhounen. Retraité de la Sonatrach, notre interlocuteur s’est dit très fier d’avoir fréquenté ce centre d’éducation qui leur a été dédié et qui fut une véritable école de patriotisme.
Omar Aït Mouloud, autre pensionnaire de ce centre, se souvient aussi des années passées dans cet établissement en compagnie des autres pensionnaires et des moniteurs : «Je me suis retrouvé avec d’autres enfants dans ce centre, une caserne de l’armée française qu’on appelait maison d’enfants de chouhada, les enfants sont répartis en groupe sous la responsabilité d un moniteur. Le mien s’appelait Si Meziane. Il était très proche de nous et nous faisait sortir en promenade, nous apprenait des chansons révolutionnaires et nous accompagnait dans tous nos mouvements au réfectoire, au dortoir, en cours. Nos déplacements se faisaient toujours deux par deux, l’un derrière l’autre et en petits soldats bien disciplinés lors de la levée des couleurs.
Ici, j’ai eu l’affection de mon moniteur si Meziane et de tous les enseignants, parmi eux si Tahar ben Amar. Ici, j’ai découvert les grands artistes comme Slimane Azem, Cherif Kheddam, Nora, Kamel Hamadi… et je m’initiais à tout : chanson, danse, théâtre avec le moniteur Mohand Arab jusqu’à mon admission au CEG d’Azazga avec quatre de mes camarades, que je n’ai jamais revus depuis.» Un vibrant hommage a été rendu par les intervenants parmi les anciens pensionnaires de ce centre à l’ensemble de la population de la région d’Aghribs, pour avoir constitué, par sa disponibilité, tendresse et aide, une deuxième famille aux enfants qui ont passé leur enfance dans cet établissement loin de leur famille.
«Nous sommes venus aujourd’hui pour exprimer notre sincère reconnaissance à la population du village Aghribs qui nous a couverts de tendresse, de chaleur humaine, et qui nous a adoptés durant notre séjour dans ce centre», a tenu à dire Mohand Larouci, un autre pensionnaire de ce centre scolaire, visiblement très ému de retrouver certains de ses anciens camarades.
Bel. Adrar

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