Par OULHASSI Mohamed
Dans l’article qui suit, il est question des efforts consentis par l’état pour parfaire et remédier à une situation qui s’est éternisée pendant des décennies avec des conséquences catastrophiques sur les exigences générales de la société. Que faut-il penser, en effet, du manque d’eau ou de sa rareté dans le fonctionnement des activités économique ou sociales ? Le problème qui peut résulter de notre questionnement est celui de l’insuffisance ou de-là pénurie de cette denrée nécessaire à la vie en société.
La privation ou la disette qu’a connue l’Algérie pendant des décennies après l’indépendance restera gravée dans la mémoire des populations. Les gouvernants précédents les années de la présidence de TEBBOUNE sont allés jusqu’à approvisionner les cités dépourvues d’eau potable par des jeunes qu’ils ont doté de camions citernes qui sont devenus en fait la source de leur gagne-pain ! C’est dire que l’état, au vu de sa faiblesse, a fait d’une pierre deux coups : rendre disponible l’eau pour la population à coup de dinars et employer des jeunes au chômage.
Ainsi donc, et après cette laborieuse inertie – que les algériens ont appelé l’époque d’EL ISSABA – où l’on a recours à des moyens ou la facilité l’a disputé à l’improvisation , l’Etat a versé 2, 4 milliards de dollars pour la Aucun résultat
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création de cinq stations de dessalement de l’eau de mer .La réalisation de cinq nouvelles stations à El-Tarf, Boumerdès, Béjaïa, Tipaza et Oran a une capacité de production globale de 1,5 million de mètres cubes/jour, soit 300 000 m3/jour chacune.. Ainsi un plan a été élaboré par le gouvernement pour l’édifice de 27 stations de dessalement dont 11avec une capacité de production de 2,1 millions de mètres cubes par jour qui sont déjà en service avec une couverture de 20 % des besoins nationaux en eau.
Notons qu’un deuxième programme d’urgence a été lancé pour la construction de trois autres stations, en plus des cinq précédemment citées qui sont entrées en service fin 2024 et début 2025. Le taux d’approvisionnement en eau potable à partir de ressources non conventionnelles sera de 42 % début 2025. De nouvelles stations seront réalisées durant les années (2025-2030), ce qui portera la contribution des eaux dessalées à 60 % d’ici 2030. Face, donc, à la rareté de la pluviométrie qui pourrait diminuer de 20 %; vers la fin de l’année 2050 l’Algérie a choisi le dessalement de l’eau. Le coût de réalisation d’une station de 300 000 m3 se situe entre 400 et 420 millions de dollars selon les chiffres officiels déclarés par les responsables concernés.
Il est évident que pour n’importe quelle installation industrielle, il existe une durée de vie qui doit être gérée scientifiquement , ce qui veut dire qu’il faut des investissements supplémentaires pour allonger leur existence et, par conséquent pour garantir l’approvisionnement en eau potable des citoyens. Sur la base qu’une station de dessalement a une durée de vie d’environ 25 ans, soit jusqu’à la fin de 2050, il faut penser à des investissements supplémentaires au cours de l’exploitation des équipements, ce qui revient à dire qu’il faut bien entretenir les équipements.
Dès lors, notre pays compte produire sur place les équipements pour la maintenance qui sera assurée par des entreprises algériennes. Constatons que vu les couts accompagnant la construction des stations et leur maintien dans de bonnes conditions d’exploitation, l’Algérie a commencé à investir dans la production des équipements inhérents à l’entretien.
Nous ne terminerons pas notre article sans dire qu’en dépit des promesses de tous ces grands de ce monde, le droit d’accès à l’eau n’est toujours pas assuré à tous les habitants du monde et la moitié d’entre eux risque de manquer de cette ressource vitale dans trente ans. C’est dire que l’eau devient une denrée rare ne serait-ce que par sa répartition inégale. Ainsi, plus de 1,1 milliard d’êtres humains ne bénéficient pas de l’eau potable et 2,4 milliards ne disposent pas d’installations sanitaires décentes.
Ainsi, selon des études spécialisées, plus de 5 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à l’eau, soit dix fois plus que le nombre de victimes tuées dans les conflits. Or, la population mondiale doit passer de 6 milliards d’individus en l’an 2000 à 8 milliards en 2025. La quantité moyenne d’eau douce disponible par habitant et par an va donc décroître de presque un tiers. Si la tendance actuelle à l’augmentation des prélèvements se poursuit, les Nations unies prévoient que, dans vingt ans, 1,8 milliard d’êtres humains vivront dans des régions affectées par une pénurie totale d’eau et 5 autres milliards dans des régions où il sera difficile de répondre à tous leurs besoins.

