Bouchegouf : On se rappellera toujours de la sirène du Ramadan.

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Par OULHASSI Mohamed

La sirène s’est tueen  1994.Nul ne connaissait la raison de son mutisme. Elle faisait partie du décor de l’ancienne minoterie de Bouchegouf, commune de l’ancien département d’Annaba, aujourd’hui, Guelma.Elle a été installée par l’ancien colonisateurpour des raisons, certainement de sécurité au vu de son utilisation dans tous les cas d’alerte mais également comme annonciatrice des heures de travail pour les ouvriers.

Depuis quand, le son de la sirène accompagnait-il tous les jours des milliers de gens ? A des kilomètres à la ronde, à travers monts et vallées, chaque jour, elle donnait les horaires que des générations successives apprirent à distinguer, huit heures, midi et dix-sept heures

Dans le fin fond des campagnes, le son lugubre de la machine tire, un peu, de leur occupation, des cultivateurs, des bergers…Mais c’est pendant le Ramadan que son importance s’intensifie.

Quand son retentissement s’élève dans le ciel, le jeune est rompu. Même refrain à l’imsak.. Les légendes l’entourent de mille et une histoires En fait, plus qu’une machine qu’on actionne, elle constitue un centre d’intérêt. Ses pannes restaient inconnues au vu de la célérité aveclesquelles elles sont réparées. Elle a dépassé le cadre de l’usine dont elle est installée pour indiquer les horaires de début et fin de poste.

Au fil des générations, son intérêt dépassa les limites restrictives pour lesquelles elle fut installée. Les douars peuplant les montagnes des Béni-Salah, des Béni- yacoubs et des N’bails, à l’époque bien lointaine ou l’annonce de la rupture du jeune n’est ni annoncée par El Adhan  -les mosquées étaient inexistantes- ni par aucun autre moyen avaient toute l’ouïe dirigée pour la perception de ce son.

La sirène existait déjà bien avant la première guerre mondiale. Elle sera de la partie en toutes occasions tristes ou heureuses. Al’indépendance, elle sera de la fête.Au tremblement de terre d’octobre 1980 elle alerta la population pour l’évacuation des lieux.

La construction de la première mosquée de Pont de Bouchegouf n’a pas eu d’incidence sur son intérêt. Les gens ne rompaient le jeune qu’après avoir entendu le puissant son dont la tonalité allait bien loin que la voix du mouadhen. La voix  humaine et le son de la machine étaient admirablement unies pour porter le message de la fin d’une journée d’abstinence Seulement voilà depuis plus d’une décennie,, elle ne retentit plus. Son absence est restée inoubliable. Serait-elle un jour rétablit ?

 

 

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