Par Abdelaziz HIMOUR, Professeur des universités
Les rapports entre Il apparait que les relations entre l’Algérie et la France se caractérisent par des accords et des désaccords intermittents, à commencer par les accords historiques d’Evian, qui ont scellé l’indépendance de l’Algérie. Il se trouve que certains français les ont rejetés, croyant maintenir l’Algérie sous le joug de la colonisation. A cet effet, ils ont perpétré de terribles atrocités contre la population autochtone. Heureusement que cette opposition armée n’a pas pu inverser le cours des événements. Par contre, elle est à l’origine de la création d’une idéologie qui a cultivé et cultive encore la rancœur, la haine et le racisme ; ses suppôts sont toujours actifs et influents au sein de l’appareil d’état français. Le comble est qu’ils ont glorifié, ces derniers temps, les bienfaits de la colonisation. Alors que la colonisation est, par définition, synonyme d’occupation, d’exploitation et d’asservissement ; parmi les faits historiques barbares : un code d’indigénat.
Récemment, l’arrestation puis la condamnation par la justice d’un individu binational, qui a transgressé la loi, a suscité un tollé médiatique sans précédent contre l’Algérie. Un leitmotiv- la France est humiliée, à cause d’un événement banal, impliquant un naturalisé de quelques mois ; la propagande s’est déchainée, voulant faire de l’Algérie un ennemi. Quelle absurdité ! L’algérien ne peut pas courber l’échine, les cent trente-deux ans l’ont sculpté debout. La position évidente, qu’il fallait adopter, est la non-ingérence dans les affaires intérieures du pays. La France approuve ou désapprouve les principes, selon les circonstances et ses intérêts. Dans ce cas, la liberté d’expression a été mise en exergue. Or, la liberté d’expression est restreinte, voir même interdite, lorsqu’il s’agit de critiquer le sionisme ou reconnaitre la résistance à l’occupation du peuple palestinien, dont les enfants sont ensevelis, par milliers, sous les décombres, causés par les bombardements sionistes inhumains. La France, le chantre des valeurs universelles, agit selon le deux poids deux mesures. Dans une perspective d’intérêt avec le Maroc, elle vient de bafouer le droit international en adoptant une position partiale, contre le principe d’autodétermination du peuple sahraoui.
Tous ces différents ont détériorés les relations bilatérales. Néanmoins, des relations stables entre les deux pays sont primordiales et nécessaires, compte tenu des liens profonds qui les unissent : une histoire, une langue toujours d’actualité, une importante communauté de binationaux, une diaspora et une proximité géographique. Il est impératif de réexaminer les relations à la lumières des données actuelles ; l’ère du colonialisme est révolue, celle du néo-colonialisme est inacceptable. Les relations doivent être établies sur la base du principe d’égalité et de réciprocité, et dans le cadre du respect et de la souveraineté des deux pays.

